A la découverte de Lyon – Roman – Brigitte Giraud : Ce livre est un groupe de fous à avouer. par Stephen Duchne Petit Bulletin Lyon

roman / Dans Vivre vite, sélectionné parmi les listes Goncourt et Femina, Brigitte Giraud revient sur l’accident de voiture qui a coûté la vie à son ami Claude en juin 1999. Tirant le fil de Les circonstances qui ont conduit à cet accident mortel semblent prendre soin de ce. ou tirez-les. C’est un livre émouvant sur le temps, l’inévitabilité du chagrin et la folie qui y mène, et il brosse un tableau de l’humanité et de l’amour éternel.


En 2001, en tout de suite, vous écrivez pour la première fois sur la mort tragique de votre ami Claude. Qu’est-ce qu’il a fallu pour y retourner ? Et qu’est-ce qui sépare ces deux livres ?

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Brigitte Giraud: Ce sont deux livres de genres différents. tout de suite C’est un livre de stupéfaction, de dévastation et d’explosion, surtout l’explosion qui est venue du moment où j’ai entendu parler de la catastrophe, jusqu’au moment où la disparition a été enregistrée et comprise, l’enterré est la perte du corps. Ces dernières années, j’ai eu un sentiment d’incomplétude. Quelque chose me dit oui, mais Claude ? . Je n’ai pas pu me résoudre toutes ces années à le laisser disparaître sans laisser de trace. Les célèbres ont un hommage, les anonymes oublient. Et ceux qui restent seront sommés d’agir comme si la personne n’avait pas vécu. Il y a cette question de deuil qui nous semble accomplie en deux ans. En même temps, il y a ce commandement de ne pas faire face à cette perte car il est impossible de parler de la mort, de la perte, de la douleur, on ne fait que tourner en rond. Au fil du temps, j’ai eu le sentiment que notre histoire, Claude, c’est l’événement en lui-même, il faut s’arrêter là et on prend le temps de se dire que cet homme a vécu, qui il était. Disons que nous sommes à la fin des années 20serait XXIe siècleserait, on est face à la folie du libéralisme, cette histoire de richesse dont je parle dans le livre, cette histoire de la voiture qu’on a laissée à l’export, on est sous influence très mauvaise, c’est à dire qu’on n’a aucun contrôle sur notre existence . Je veux regarder le pont de toutes choses. Ensuite, enregistrez quelque chose, appelez-le Ça a été une année étrange, il y a plus de dix ans : la question du deuil n’est pas liée à un événement pertinent d’un point de vue historique, sociologique ou politique. Je parle dans le livre, quand ça touche, un groupe qui connaît la politique, c’est arrivé, même si c’est mauvais. Idem pour le Bataclan, il y a division, partenaire et question de style. Là, ça n’a aucun sens : je glisse sur une peau de banane, j’accélère sur un vélo qui n’est pas le mien, je ne devrais pas le prendre. il y a peu de sens dans lequel l’écriture peut mettre du sens en place.

Parler de Claude, dire qui il est, est-ce lever le danger ?

C’est une très bonne question car j’ai pu choisir de peindre le portrait de cet homme enfant, avec ce que je connais : la jeunesse, l’Algérie, son rapport à la musique. Mais il y a une forte zone d’ombre dans les circonstances de l’accident qui pose aussi la question de son libre arbitre et de sa cachette. Car ce qui m’intéresse, c’est le mystère de cet homme. Dans un couple, c’est incroyable de voir comment quelqu’un garde cette part d’inconnu qui ne peut pas expliquer pourquoi il agit comme il le fait depuis un moment. est une question non résolue. Par conséquent, j’ai fait face ce dernier jour à une énigme que je crains de ne pas valoir la peine d’entrer. D’autres choses que je connais, mais la boîte noire de ce dernier jour, j’ai un tas de signes parce que certaines personnes m’ont dit alors qu’il y a des boulots, des horaires, des choses qui vont bien. Cette partie du mystère de demander à quelqu’un d’une manière différente est laissée et nous devrions essayer de la résoudre.

Comment ce livre est-il organisé s’il mène au désastre ?

Ce livre est presque capable de donner une seconde chance à la fin pour s’ouvrir différemment. Sur le terrain, j’ai pensé au travail de ces artistes, Fischli et Weiss [qui rflchissent sur l’effet domino et l’entropie travers des installations provoquant une srie d’vnements s’enchanant les uns les autres, NDLR], qui pour moi est la métaphore de notre vie, sauf que notre vie n’est pas un circuit unique mais une multiplicité, une solution de puzzle… d’abord, nous allons trouver… . Ce qui m’intéresse, c’est juste de trouver le si dans son essence. Je veux dire, si ma mère n’appelle pas mon frère, je peux découvrir à quoi ressemble la relation familiale en tant qu’adulte. Dans le chapitre où je séjourne à Paris avec mon amie Hélène, où je passerai ce coup de fil que je me suis promis de passer, je demande : quelle est la raison pour laquelle je n’appelle pas ? . Et donc je regarde maintenant quand il n’y a pas de portable, ce que c’est que de vivre en Province et d’aller à Paris… C’est sociologique et j’ai très envie de ramener le document. Le si n’est que le début d’une question sociale car la relation, si elle n’est pas liée au groupe, on s’en fout du tout.

C’est à l’intérieur vivez rapidement l’idée d’expliquer l’indescriptible. Mais est-ce vraiment nécessaire ? Cela fonctionne mieux lorsque des groupes de dominos sont créés en même temps.

Eh bien, vu qu’il n’y a pas de mal, on ne se demande pas pourquoi. Je pense que le cerveau humain est tout simplement trop compliqué pour savoir où il se trouve dans l’univers, d’où il vient. Alors la question du sens est liée à la raison, et s’il n’y a pas de raison, nous sommes liés à la folie. L’écriture est une façon de fixer la voiture, dans ce cerveau qui a été exposé, qui ne peut s’empêcher de se poser des questions, de toujours remonter pour trouver la cause de la catastrophe. vivez rapidement peut-être 3000 pages et je pourrais continuer jusqu’à la fin de mes jours. Ce livre est un mélange fou à admettre. Avec des histoires de complot et voici les conjurations derrière la vérité, on a souvent du pur délire. Le choix des mots, la justesse de la dénomination, la combinaison des mots, les choses sont différentes. C’est une opportunité incroyable de pouvoir le faire.

Quand le livre fonctionne comme un calcul, on sait qu’on va vers une issue imprévisible, ce qui est paradoxal quand il s’agit d’une crise. Comment gérons-nous ce paradoxe et comment cela se passera-t-il en lisant le livre, nous l’espérons avoir ne sera-t-il pas fait ?

Je n’ai pas de réponse à cela, je le sais parce que quelqu’un me l’a dit. Un lecteur m’en a parlé. Les deux premières personnes qui l’ont lu dans Flammarion m’ont dit la même chose : La chose folle et paradoxale est que nous espérons. Et je me suis dit sans m’en rendre compte que j’écrivais peut-être pour gagner du temps. La scène du boulevard des Belges était un tel désastre que j’ai eu peur qu’il soit inapproprié d’en parler. Mais c’est une façon d’écrire sur la façon dont quelqu’un conduit en ville, sur la façon dont les quartiers sont définis. Je me suis dit que je pouvais me permettre d’écrire comme ça parce que j’y mettais les choses les plus solides. Je suis allé explorer la région pour voir s’il y avait quelque chose auquel personne d’autre ne pouvait penser. Par exemple, l’angle du soleil couvrant l’heure de l’accident, le pollen sur le sol en béton… cherchez des signes. Et j’ai appris que la reine Astrid [qui donne son nom l’Htel devant lequel a lieu l’accident, NDLR] 23 ans mort dans un accident de voiture, ce n’est pas moins douloureux mais il y a une combinaison.

Il y a quelque chose d’hitchcockien dans l’idée de calcul, l’idée d’une balle sous la table, dans la différence entre la surprise et le suspense.

C’est vrai. Dans journée courageuse, on voit aussi dès la première page que la jeunesse a disparu ; le livre essaiera de dire au lecteur le contexte. Là, malheureusement, c’est mal d’utiliser ce doute de cette façon, mais je pars de quelque chose qui s’est passé dans ma vie, j’écris 20 ans plus tard, surtout question de relation de rel, comme on est plus prudent dans chaque choix qu’on fait dans notre vie. Les petits choix deviennent les grands. C’est vraiment un livre pour moi sur le temps qui passe, le temps qui passe, et ce rapport à l’automobile, conduire ou ne pas conduire.

La voiture est la fleur du futur qui se brisera…

C’est le mot. C’est pourquoi il est important pour moi d’évoquer le contexte de la production de cette voiture, les 8 heures de Suzuka, ce moteur, cet excellent moteur, le rapport avec la vitesse, le rapport avec l’interdiction du prof modélisé au Japon, très génial cruche. mais l’exportation est autorisée, ce qui est intéressant. C’est très étrange, nous vivons dans un pays où la limite de vitesse passe de 30 à 130 km/ha et nous sommes tous dans des voitures qui vont jusqu’à 200.

Vous parlez de la reine Astrid. Dans le livre, il y a des signes, ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​ ​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​​ et Aussi, un paradoxe troublant.

Je ne voulais pas faire ça, mais je devais le faire. J’ai écrit la deuxième partie de ce livre divisé en deux : les 20 ans avant la mort de Claude et les 20 ans après. Avec le désastre au milieu comme le pliage du temps, comme l’oeil de feu. Et trois jours avant l’annonce, j’avais peur. C’était trop tôt. Dans cette deuxième partie, j’ai parlé d’un exemple où j’ai reçu un prix pour Un chien pour un homme. Pourtant, le prix a été remis le 20 juin, la semaine de l’anniversaire de l’accident de Claude, et… l’Hôtel Reine Astrid, c’était terrible. J’arrive à la gare, mes parents reviennent, je prends des vêtements pour me changer sur place. Je ne trouve pas de place pour me garer, je suis dans le pétrin. J’ai fini par l’obtenir et j’ai commencé à le changer. Et je sais que ce lieu restant, où je vis, est le lieu du danger et j’y fais une sorte de magie. C’est incroyable. Cette section est pleine de similitudes. On dit que la folie se prolonge en même temps, symptômes de ce qu’on appelle un fantôme.

Comment sort-on de ce livre ? Apprenons-nous des choses ?

Oui, parce qu’en écrivant, je fais beaucoup de rapprochements entre des choses que je croyais distinctes. Mais j’avais très peur de la soi-disant impureté. Parce qu’il s’agit d’écrire après la mort de quelqu’un et qu’on ne peut pas en faire un document sans se poser beaucoup de questions. Alors que nous, dans le monde éditorial, publions de nombreuses histoires enracinées dans une grande douleur, je ressens une grande responsabilité. Je ne voulais pas que le livre règle des comptes avec qui que ce soit, pas avec Honda. C’est pourquoi j’ai mis vingt ans à écrire ce livre, il fallait que je me mette à l’abri. J’ai écrit d’autres livres censés être lourds. Un moteur discret, mais il est là. J’ai besoin de filtres. Et là, au bout de vingt ans ou plus, il fallait que je le fasse, comme si j’avais besoin de Claude. Maintenant je me dis une chose : si ce livre est le dernier, il peut l’être. Je ne dis pas, ce n’est pas grave.

Dans une interview précédente, la sortie deUn loup pour un homme, sur l’histoire de ton père dans la guerre d’Algérie, tu dis Je suis devenu écrivain pour écrire ce livre. La même chose peut être dite pour celui-ci car il est contraignant pour autre chose.

Oui mais Un chien pour un homme de l’enfance, du père. J’ai dû le faire du vivant de mon père. Maintenant, il y a danger de mort pour Claude, donc il y a des chantiers en feu partout. Ces deux histoires sont deux pôles primordiaux. Et c’est vrai, même si l’accident de Claude, dans lequel j’avais déjà publié deux livres, n’était pas une raison d’écrire, il a redonné tous les problèmes liés à l’écriture.

Brigitte Giraud – vivez rapidement (Flammarion)

Le retour de Decitre (avec Alain Mabanckou et Brengre Cournut) le 22 septembre à la Villa Gillet.

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