à Venise, Xavier Giannoli a précédé Honoré de Balzac

En adaptant la composition de La Comédie humaine à l’écran, le réalisateur de Marguerite marque une belle et impitoyable fresque sur le carriérisme et la presse.

Quoi de neuf? Balzac, très apprécié en cette rentrée par le cinéma français. Le 29 septembre, Marc Dugain propose une nouvelle version deEugénie Grandet, avec un formidable Olivier Gourmet en père diabolique et destructeur. Le 20 octobre, Xavier Giannoli est rentré chez lui avec fausse pertechef-d’œuvre et pierre angulaire de La comédie humaine. Avec ce grand film réalisé parHabitué nuage Le regard repris la compétition à la Mostra. Il est revenu plus tard Marguerite en 2015 et a confirmé que le film n’est pas soumis à l’éducation ou à la naphtaline. De plus, les costumes ne sont pas lourds et l’histoire de Balzac, adaptée par Giannoli, tient le verre à ce jour. Années 1820 et années 2020, même combat.

Les purs et durs Balzaciens regretteront d’avoir sacrifié la première moitié du livre. Oublié aussi David Séchard, compagnon poète de Lucien de Rubempré au cœur pur, redevable à son père éditeur. Mais ils ne gâchent pas leur plaisir. Giannoli commence immédiatement la province naïve dans la voiture de Madame de Bargeton, sa protectrice et maîtresse. Lucien, sa collection de chansons sous le bras, quitte Angoulême pour Paris où ses rêves d’artiste se brisent. Giannoli crée l’ascension et la chute de Rubempré avec une grande virtuosité, nouant toutes les cordes ensemble, quelle que soit la forme ou le sens.

Dans sa panoplie, Giannoli utilise la voix off avec habileté. C’est juste une béquille pour supporter l’histoire, pas un aveu de faiblesse. Il pouvait entendre parler Balzacian. Surtout, le cinéaste l’utilise au travail, comme Scorsese dans Casino ou de Palma L’impasse. Il va au-delà des mots et crée la même tension, le même sentiment. Aussi, fausse perte un film de gangsters où les personnages sont abattus avec des fusils.

La peinture du monde de l’imprimerie, de l’édition et du théâtre est au cœur de l’histoire et Giannoli s’en est donné à cœur joie. Lucien, abandonné par son tuteur, part à la rencontre du journaliste Étienne Lousteau, découvre un business corrompu où les critiques s’achètent et se vendent, la mauvaise foi règne, les rumeurs (« sac » dans le jargon de l’époque et non. fausses nouvelles) seront lancés à la place des doigts pour abattre quelqu’un, artiste ou politicien. Le poète devient affichiste.

On peut être sûr que Gaumont n’a pas dépensé un euro pour obtenir cette critique élogieuse, mais les différences entre les gazettes sous la Restauration et la médiacratie à l’ère des réseaux sociaux ne sont pas pertinentes. . « Le traité de tous les âges », dit Nathan, l’écrivain compétitif. Lucien retourna son manteau, passant sans sourciller du camp libéral au camp royaliste. “Une union lente mais vraie”, il essaie de se justifier. Heureusement, Giannoli ne le verse pas dans le livret. Il ne décide pas de son héros mais accompagne le “marionnette sociale” quand il est descendu en enfer.

Le succès de Lost Illusions doit aussi beaucoup à sa contribution. Les jeunes Benjamin Voisin (Lucien), Vincent Lacoste (Étienne) ou Xavier Dolan (Nathan sans voix) prononcent les paroles de Balzac avec un naturel naturel. Jeanne Balibar est une excellente marquise d’Espard, brillante et maléfique trompeuse. Cécile de France en Madame de Bargeton, Gérard Depardieu en imprimeur qui ne sait ni lire ni écrire mais qui sait très bien compter, Louis-Do de Lencquesaing en attaché de presse abusif, Jean-François Stévenin est décédé vainqueur ou faiseur de bide à . Au théâtre, André Marcon en baron du Châtelet, prétendant jaloux rejeté par Madame de Bargeton, ou Salomé Dewaels, comédienne et maîtresse de Lucien, sont beaux et ne sont plus. Et participez à redonner foi à un film français populaire et très apprécié.

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