Adolescents, alcool, tabac et cannabis : “On n’a pas besoin de faire des expériences”

La rentrée pour les étudiants, les soirées retrouvailles pour les collégiens et lycéens sont l’occasion de dépistages anti-dopage pour les ados et les très jeunes adultes. 58% des jeunes ont perdu le contrôle au moins une fois à cause de leur consommation de substances, alcool, tabac, cannabis ou autres substances, montre une enquête de l’institut Ipsos et de l’assurance Macif, publiée le 31 août. Un parent? Nathalie Franc, pédopsychiatre au CHU de Montpellier, et Guillaume Jeanne, psychiatre et addictologue au CHU de Sète et au groupe Addictions France à Montpellier viennent de publier “Je pars avec mon ado qui affronte la médecine”. Un livre détaillé et didactique.

Comment le jeune cerveau interagit-il avec les drogues ? Quand un régime devient-il pathologique ? Quels sont les risques ? Quand vous sentez-vous anxieux ? Liste, fiche technique, conseils… la pédopsychiatre Nathalie Franc, spécialisée dans la prise en charge des enfants et adolescents ayant des troubles du comportement au CHU de Montpellier, et le Dr Guillaume Jeanne, psychiatre et avec addictologue, qui se partageaient entre le service de psychiatrie adulte de l’hôpital de Sète et de l’accompagnement client du groupe Addictions France, à Montpellier, ont publié un guide de rentrée.

Pour tous les parents, y compris ceux qui s’en moquent : le livre s’ouvre sur l’histoire de Paul, “le gamin sans problème” jusqu’au jour où ses parents reçoivent un appel des pompiers à l’âge de 15 ans, et c’est tout. aux urgences après avoir perdu connaissance lors d’une fête d’anniversaire sous l’influence de l’alcool et du cannabis.


Avez-vous besoin de vous entraîner à parler d’adolescents face à la drogue, est-ce votre objectif avec votre livre “Mon ado face à la drogue” ?

Nathalie Franc : L’idée est de donner de bons conseils aux parents, car ils ne sont pas toujours inclus dans l’accompagnement. L’idée est d’avoir un double avis, le pédopsychiatre et l’addictologue, dans les produits, dans chaque produit, et d’apporter un soutien parental. Les parents se posent vraiment des questions importantes : punit-on, empêche-t-on les gens de sortir, de voir leurs amis, arrête-t-on de donner de l’argent de poche… , communication ouverte avec leur enfant, sans éducation.

Guillaume Jeanne : Beaucoup de parents étaient inquiets, ce qui nous a inspiré pour le livre. Les messages disent les mêmes heures. Et chez un jeune qui ne mange pas, il y a forcément ce souci de comment aborder le sujet, si on en parle, c’est peut-être encourageant d’en parler et peut-être pas, comment on économise de l’argent de poche, bien sûr, comment réponse. , comment ne pas être offensé … ce sont des questions très solides et ces questions. Et tout l’intérêt du livre est de se référer aux premiers tests, que la nourriture ne soit pas un problème ou non. Et aidez les parents à comprendre cela. Plus l’échange est libre, mieux c’est.

Bien sûr, vous insistez sur le fait que tous les utilisateurs ne sont pas concernés…

Nathalie Franc : C’est toute la question entre l’usage normal que je qualifie de “normal”, l’expérience de tous les jeunes, ou de la majorité des jeunes, qu’il ne faut pas former, ne pas faire une affaire d’état, et l’addiction . . Il faut réduire la consommation habituelle, mais en même temps, donner des signes avant-coureurs aux parents, dans un trouble anxieux par exemple.

L’adolescent ne prend-il pas les produits à temps, sans dépression par la suite, ni trouble anxieux ?

Nathalie Franc : Oui, exactement.

Guillaume Jeanne : Si on reprend la dernière enquête Escapad, qui porte sur l’usage des produits chez les adolescents et les jeunes adultes, on constate que 85 % des jeunes de 17 ans ont bu de l’alcool. Et nous pensons que la plupart d’entre eux ne seront pas un problème. Certains disent oui. La question est de savoir comment le savoir et comment le réparer.

“Pour les parents, c’est souvent une catastrophe”

Et quand manger devient un “problème”, y a-t-il un problème sous-jacent, ou est-ce le résultat d’un changement ?

Nathalie Franc : Souvent des dérapages, et souvent des dérapages de quelque chose de banal : un peu d’angoisse scolaire, un peu de trouble du sommeil… L’histoire de Paul, racontée dans les premières pages du livre Les enfants qui nécessitent des soins aux urgences sont souvent des enfants qui n’ont pas l’habitude de prendre des produits, qui veulent faire comme leurs amis, se donner une attitude Soir, petit verre. Et pour les parents, c’est souvent un cataclysme. Vous devez vous séparer. Mais il est important de les évaluer, même si nous n’avons pas besoin de les revoir. Il faut faire plaisir à tout le monde, pas tout changer. Même chose pour la consommation de cannabis : les parents qui ont du cannabis dans la chambre peuvent être dangereux tout en vivant. Il y a des études qui montrent que les jeunes qui ne consomment pas de cannabis ont plus de risques de développer des troubles psychiatriques que les autres : ils ne sont pas bien intégrés dans la société, ils n’ont pas d’amis… ça indique d’autres problèmes.

Guillaume Jeanne : Le test est de très bon signe, normal et réconfortant. Cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas de problèmes. Tout le problème est le soutien que nous lui accordons. Si l’accompagnement des parents fonctionne bien, s’il y a concertation, information fiable, on augmente les chances que tout se passe bien. C’est tout l’intérêt, ce n’est pas que les jeunes ne l’utilisent pas. L’idée du livre est de sortir de la logique “la drogue c’est mal”, “l’usage c’est mal”.

Vous prenez le produit par produit, tabac, alcool, cannabis, cocaïne, protoxyde d’azote… car chaque fois c’est très différent, on ne peut pas comparer sur la nourriture ?

Guillaume Jeanne : Oui, il y en a. Il y a beaucoup de choses communes, mais il y a cette façon. Une méthode produit par produit est plus précise.

Nathalie Franc : Nous avons défini des règles de support standard pour tous les produits. Mais nous avons fait cette différence pour répondre aux attentes des parents. Il y a des gens, par exemple, qui sont très inquiets pour le “proto”, ils ont besoin de connaître ce détail précis. Et il y a tous les nouveaux produits, personne ne comprend plus chez les parents. Nous voulions mettre en évidence les vrais problèmes et aider les parents à trouver plus de codes dans la conversation. Certains mettent tout sous l’étiquette “drogue”, un groupe genre tournage “héros”… Il faut remettre les choses à leur place. Par exemple, nous avons comparé les cigarettes électroniques aux cigarettes, qui listaient de nouveaux produits de synthèse…

“Il y a un gouffre générationnel dans le cannabis”

A terre, faut-il que les parents parlent ?

Nathalie Franc : Oui, mais de manière délibérée, avant le premier soir. Le temps est le bon moment. Il n’est pas dans l’intention de fournir des messages d’interdiction. Nous avons développé quelques règles à utiliser le soir.

Guillaume Jeanne : Le principal problème avec la drogue, au regard du nombre d’idées qui sont proposées, c’est de ne pas en parler. Les jeunes trouveront des informations ailleurs, pas forcément les bonnes. L’enjeu est de fournir des informations fiables et non dogmatiques. Nous devons parler de l’opportunité, pas l’éviter.

Si vous êtes parent, êtes-vous “de la vieille école”, celui qui pense savoir mieux ?

Guillaume Jeanne : Oui, la société a évolué. Pendant longtemps, il y a eu des “bons” et des “mauvais” produits, aujourd’hui c’est plus compliqué et ça change vite. Nous avons essayé d’ajouter différentes informations de contenu sur certains produits. Le cannabis par exemple. Il y a aussi un fossé générationnel.

Où trouver des informations fiables ?

Guillaume Jeanne : Il y a des cabinets médicaux, des établissements publics.

Que voyez-vous dans vos discussions ?

Guillaume Jeanne : J’ai peu d’ados, beaucoup d’ados matures. Ils parlent beaucoup de la consommation de cannabis, mais il y a aussi la cocaïne, dont la fréquence de consommation augmente chez les jeunes, là où il y a beaucoup de disponibilité, le protoxyde d’azote est encore “dans la nature”, les opiacés… Ils appellent souvent pour obtenir de l’aide lorsqu’ils se trouvent en difficulté avec leurs études ou leurs projets de carrière, à cause de leur alimentation. L’entrée des urgences ne fonctionne pas correctement.

Nous sommes choqués par les images effrayantes, devrions-nous nous inquiéter ?

Guillaume Jeanne : Non, il y a beaucoup d’expérimentation. Et il y a globalement des progrès : l’expérimentation du tabac diminue, l’expérimentation de l’alcool et du cannabis est stable.

Nathalie Franc : Les médias d’information, et, d’une autre manière, la scène télé, ça fait peur, il faut dédramatiser, ça fait partie de la jeunesse. On fait des choses plus complexes, il faut répondre, parfois sans savoir ce qui se passe : un jeune qui fume du cannabis est déprimé, il est déprimé parce qu’il a fumé du cannabis ?

Existe-t-il des points de chute pour les adultes et les adolescents ?

Guillaume Jeanne : Addictions France, et je n’en parlerai pas car c’est l’entreprise où je travaille, ils ont un centre dans chaque département, et c’est très court. Et Addict’Aide, sur les acteurs locaux près de chez vous.

Je marche avec ma jeunesse face à la drogue, éd. points de suspension, 18 €.

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