Arthur Chevallier – Regarder la chute de la France


Dans le François Guizot, de Talleyrand, disait : « Qui ne connaît pas les années autour de 1789 ne connaît pas le plaisir de vivre. Il faut prendre le sujet ainsi ? : « Qui qui n’a pas connu les années Pompidou n’a pas connu le bonheur. Nourrir le regret est une habitude de la vieillesse ; et nous les comprenons. A partir de ce moment, les jeunes ont commencé à se repentir. Il n’est pas nécessaire de vivre jusqu’à soixante-dix ans pour pleurer la perte d’un monde bon. Il y a dix ans, c’était mieux ; la baisse se poursuit à un rythme rapide. La route sur laquelle nous marchons s’effondre sous nos pieds. C’est pourquoi nous n’aurons pas le droit de dire “c’était mieux avant”, mais nous aurons le regret d’admettre “c’était mieux hier”.

Nous sommes surpris de voir à quel point les Français sont à l’aise de vivre désormais dans un état d’humiliation. Vous n’avez pas besoin de vivre cent ans pour vous souvenir d’une époque où un nouveau passeport prenait cinq minutes, et non trois semaines ; et il ne faut pas se reposer sachant que l’heureuse heure n’a pas attendu le bus vingt minutes, mais cinq ; Enfin, il n’est pas nécessaire d’avoir vécu sous la présidence du général de Gaulle pour se rappeler avec quelle facilité et rapidité on peut demander à un médecin, sans parler de l’état des hôpitaux. Il est peut-être bon de signaler l’effondrement des services publics et des services privés liés aux plus bas, donc aux jeunes, qui ne peuvent échapper à cette oppression et doivent se battre pour la vie dès que la nuit est le matin. Nous répondons que le confort n’est pas tout; c’est vrai. Une vie sage est importante. De plus, les librairies en ont profité; professeur, bon salaire; étudiants, prenez bien soin d’eux. La qualité des arguments est typique, comme en témoigne le grand intérêt porté à ce nouveau débat intéressant sur les liens entre la première côte et le sexe. Et nous sommes heureux de voir Michel Foucault remplacé par Sandrine Rousseau. L’intelligence est parfois pire que l’économie. Ce n’est pas contre la gauche qu’il faut se révolter, mais contre l’infériorité de l’idiotie. Trouver les malfaiteurs est devenu une vertu pour les imbéciles. Faut-il s’étonner d’apprendre qu’après avoir embarrassé les hommes, ils s’apprêtent à mettre en place des tribunaux militaires pour le barbecue ?

Je ne sais pas pourquoi, en général, le monde est devenu un si mauvais endroit. Je ne sais pas si c’est bon pour le monde d’être comme ça : tout est compliqué, compliqué, inutile.

La bêtise a trouvé son alliée : l’obstination. On se souvient d’un vers d’anthologie de Romain Duris sur L’auberge espagnole : « Je ne sais pas pourquoi, en général, le monde est devenu un mauvais endroit. Je ne sais pas si c’est bon pour le monde d’être comme ça : tout est compliqué, compliqué, inutile. Ne confondez pas Klapisch avec Voltaire, mais cette intuition a l’avantage de la lucidité. Tout se passe comme si les réformes promises avaient été remplacées par un nouveau niveau de complexité. Cela accentue vraiment le sentiment d’oppression quotidienne, la douleur est presque indescriptible. Cette catastrophe contribue à l’effondrement de la société. Les citoyens paient des impôts pour moins de services. Ils croyaient en l’invincibilité de leurs supérieurs, qui n’appréciaient pas les exigences d’un groupe de riches qui croyaient tout posséder. Cette tendance est connue des historiens : le manque de conformité fiscale. En d’autres termes, personne ne comprend pourquoi ni qui il paie. C’est généralement l’échec de l’État, qui conduit à une révolution, ou quelque chose de similaire.

Pire que désolé, la France est l’argument. Sérieux, permanent, mauvais. Il se montre plus intransigeant, n’ayant pas un seul sujet à comparer, insistant surtout sur le fait qu’il n’y a rien à exiger. Notre monde est une source d’inspiration pour tous, gratuitement. Les échecs ne sont pas tolérés ; négligence des devoirs. La modernité n’y est pour rien, nullité pour tous. Le gouvernement appelle à des “sacrifices” et à des “incitations”. Est-ce qu’il se parle à lui-même ?

référence du livre

François Guizot, Des notes au service de l’histoire de mon tempsParis, 1858.

direction du film

Cédric Klapisch, L’auberge espagnole2002.


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