Bientôt un film sur un garçon juif caché par une famille de Saint-Hilaire-du-Harcouët

En juin 2014, Marion Deichmann est venue à Saint-Hilaire pour une dédicace de son livre autobiographique. © Archives La Gazette de la Manche

Un film sur les enfants les Juifs caché Saint-Hilaire-du-Harcouet pendant le Deuxième Guerre mondiale ? La réponse est oui. La ville a confirmé qu’un film sur un enfant allemand est caché dans la ville.

C’est un projet américain

Ce projet de film a été commandé par un musée américain. Zoom sur l’histoire de Marion Deichmann. D’origine juive, elle fut cachée pendant la Seconde Guerre mondiale par la famille Parigny de Saint-Hilaire-du-Harcouët.

Fin août, nous avons rencontré le groupe venu faire une visite de chantier à Saint-Hilaire.

Jean-Luc Garnier, adjoint au maire a veillé à la tradition

« Ils sont venus à notre établissement, l’Immaculée Conception. Nous avons trouvé des cahiers dans un coffre-fort qui contenaient les noms des élèves. Nous avons envoyé nos listes au bureau municipal », raconte la directrice, Marie-Bernard Boudant.

Partir pour le Luxembourg

Née en 1932 à Karlsruhe (Allemagne), Marion Deichmann était la fille de Kurt Deichmann, qui travaillait dans une entreprise d’importation de fourrures, et d’Alice Aron.

En 1933, la persécution antisémite a commencé. Kurt a passé quelques mois à Karlsruhe. Ne trouvant pas de travail, il s’installe au printemps 1934 avec sa famille à Remich au Luxembourg. En octobre 1938, Kurt quitte le Luxembourg, voyage à travers la Belgique, et le 26 janvier 1939, lui et ses parents s’enfuient à Rio de Janeiro pour rejoindre un frère aîné, Éric. Alice n’a pas été à la hauteur du danger, elle a refusé d’abandonner.

Deux ans à Paris

Après le départ de Kurt, ils sont allés à Luxembourg. En mars 1940, une lettre du service luxembourgeois précise que son visa ne sera pas renouvelé et qu’il doit quitter le pays avec sa femme. Après plusieurs périples, ils arrivent chez l’oncle Paul dans le 14ème arrondissement de Paris. Ils vivaient dans un appartement du 3ème arrondissement où ils vécurent jusqu’en juillet 1942.

L’année 1940-1941 est une année de changement. Marion parle peu le français. Il est entré à l’école primaire. Sa mère et sa grand-mère sont séparées. Le matin du 16 juillet 1942, deux policiers sont venus arrêter Alice. Il est emmené à Drancy et transféré à Auschwitz le 29 juillet 1942, d’où il ne reviendra jamais.

Marion et sa grand-mère sont restées seules. Le 16 juillet, un Juif allemand les a forcés à partir. La grand-mère sera cachée chez une Alsacienne, à Vanves.

Un voyage dans la Manche

Brûlée, Marion quitte le plateau. À l’hiver 1943, après un voyage avec une escorte, il est confié à la famille Parigny à Saint-Hilaire-du-Harcouët. François et Angèle Parigny sont propriétaires d’un bar-tabac et vivent avec leurs enfants Michel, Daniel et Claudine.

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Marion sera traitée comme une enfant de la famille. Il va avec Claudine dans une école catholique, L’Immaculée Conception et vit sans se cacher. Marion se fait baptiser et fait sa première communion. Il y avait beaucoup d’Allemands dans la région et une chambre dans la maison était nécessaire pour un soldat allemand.

Quelques jours avant le débarquement, François et Angèle Parigny sont informés de l’invasion alliée. François se réfugie avec sa famille et Marion dans la ferme de son frère, à Vérolay, une ferme près de Saint-Brice-de-Landelles.

Les vendanges et la vie à la campagne lui laissent de bons souvenirs. Le 14 juin 1944, la ville est bombardée et détruite à 80 %. La maison Parigny est détruite. A la fin de l’été, tout le monde retourne vivre dans les cours.

Retrouvailles avec un oncle

Fin 1944, l’oncle Paul le retrouve et vient le ramener à Paris. Marion reviendra à la retraite de François et Angèle Parigny en 1945 et 1946.

En septembre 1947, ils réussirent à s’installer aux États-Unis. Marion revient à Saint-Hilaire-du-Harcouët en 1953 et 1955. Elle continue avec ses sauveteurs jusqu’en 1973, année du décès de sa grand-mère et de François Parigny. Marion a rejoint l’Organisation mondiale de la santé à Genève.

Lorsqu’il a pris sa retraite, il s’est installé en France et a écrit un livre sur sa vie. Lors de la parution de son livre Je veux que son nom soit connu partout, le lien d’amitié avec Claudine et Daniel Parigny, seuls survivants de cette famille, s’est ravivé. Ce dernier honore la mémoire de sa mère.

En 2015, l’Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné le titre de Justes parmi les Nations à François et Angèle Parigny. Sa dernière tournée remonte à 2014.

Pour l’instant, les dates de tournage et la date de sortie du long métrage n’ont pas été dévoilées.

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