Congrès FNCF 2022 – Christine Beauchemin-Flot et Stéphane Libs : “Il est important aujourd’hui de promouvoir les cinémas les plus adaptés”

Lors de son assemblée générale, tenue ce soir à Deauville, les co-présidents du Syndicat des cinémas d’art, de répertoire et d’essai (Scare) feront le point sur l’actualité de l’entreprise et de l’essai.

Selon le CNC, la fréquentation à fin août s’élève à 97,6 millions d’entrées pour 2022, soit 30 % de moins que la moyenne 2015-2019. Les galeries suivent-elles le même schéma ?
Stéphane Libs : Elles sont légèrement inférieures à la tendance nationale, on note environ 28% de baisse de fréquentation, avec des différences liées aux salles et à leurs caractéristiques. On est relié, comme toute la série, à une offre (de films, ndlr) très pauvre, qui ne peut pas changer cette image et stimuler le rechargement du public.
Christine Beauchemin-Flot : Nul doute que cette différence s’explique par les politiques de divertissement fortes, ambitieuses et diversifiées mises en œuvre par nos cinémas.

Les observateurs signalent une diminution du nombre de touristes avant que davantage de visiteurs n’arrivent. Le voir dans votre cinéma local?
CB-F. : Cet échec est fréquent pour de nombreuses raisons. Les visites moins fréquentes des touristes en font partie, mais cet événement sera moins fréquent en cette rentrée. Nous avons ainsi pu apprécier le fait que les cinéastes reviennent souvent dans notre salle lors des activités qui leur sont confiées (visites de groupe, soirées thématiques ou d’animation, reportage pour mineurs ou héritiers déclarés, etc.). Une des principales missions de notre studio : l’animation ! Cela laisse espérer des jours meilleurs.
SL : Les films sortis localement ne sont pas précipités vers les téléspectateurs, ils ont besoin de temps et d’assurance qualité. Ainsi, la progression de La nuit du 12oComme Besta ou de A décidé de quitter il a été construit au fil du temps, dans une sélection plus petite et meilleure.

Depuis le début de l’année, les films d’animation susmentionnés ont gagné en popularité. C’est le cœur de votre programme, quel effet ces carences ont-elles sur la santé de vos membres ?
SL : Je ne suis pas d’accord avec ces informations. C’est vrai que les différents films sont plus compliqués qu’avant. L’idée de certaines œuvres européennes, latino-américaines ou africaines est une œuvre forte du projet, qui présente des problèmes économiques. Mais aussi des films “abordables” Salut les idiots, Illusions perdues, Nomadland, La Panthère des neigesAu corps, fonctionne très bien et toutes sortes de domaines en bénéficient. Il existe différentes manières d’organiser les titres recommandés, tous les cinémas ne sont pas identiques.
CB-F. : De même, tous les films ne sont pas créés égaux. Certains peuvent être considérés en raison de leur comportement. Il convient donc de distinguer le caractère magique de l’œuvre… D’autre part, la prolifération des copies des cinémas, que l’on regarde et regrette dans les villes concurrentes, accentuent la regrettable séparation des entrées.

Lors des Rencontres Nationales de l’Art et Essai de l’Afcae en mai, Dominique Boutonnat a annoncé que le montant du budget de la galerie, pour une courte période de 16 M€ en 2020 à 18,5 M€ en 2021, sera économisé à ce niveau en 2022. Êtes-vous inquiet pour que va-t-il se passer dans les prochaines années ?
SL : Oui, car si l’on reste strict en termes de jugement au niveau des salles, on passera directement à un examen au « plus petit dénominateur commun », les salles utilisant la manière dont les copies desdits films sont agrandies. le manque de films sérieux. Il est important aujourd’hui de promouvoir les cinémas les plus adaptés, tout en repensant ceux qui ont moins de problèmes en termes de programmation, d’animation et de communication.
CB-F : L’effet de vent vu dans l’étape finale ne devrait pas durer. Et, même si nous sommes satisfaits du mouvement du CNC, en concertation avec différents groupes de travail, nous restons inquiets et exigeons une grande prudence. Les chapeaux qui durent quelques années ne doivent pas durer éternellement ! Le format de cette enveloppe fermée est à revoir. À notre avis, il s’agit d’un enjeu politique et d’une responsabilité.

Lors de ces rencontres, le président du CNC a également évoqué le reportage le plus proche d’un reportage sur la retouche photo et l’essai de 2017…
CB-F. : Outre les effets de vent provoqués par le temps évoqué, cette analyse – tant attendue – montre et confirme que les théâtres sont ceux qui ont le plus perdu. Comment permettre à un système aussi dynamique, dont la mission est de soutenir et de protéger la diversité et la liberté, de punir des théâtres dont la mise en scène, le mouvement et la performance sont exemplaires ?
Il est important d’envisager le rééquilibrage et le renforcement de l’option par rapport à la flexibilité, de reconfirmer certaines exigences et coefficients, de vérifier les bonus et malus… Notre appel à la peur depuis de nombreuses années maintenant !
SL : Bien que ces temps de reprise se jugeront dans les étapes suivantes, et parce que tous les théâtres ne se valent pas dans leur participation quotidienne à gagner au public, leur gestion des ouvriers ou leur volonté de travailler à nouveau. leur conversation.

Plus largement, quels sont les grands programmes d’art et de littérature ?
SL : Comme mentionné précédemment, il est nécessaire d’affiner, d’évaluer, de promouvoir le bon travail des théâtres dans le domaine de l’imagination et des histoires, en s’appuyant sur le travail actuel de la colonne linguistique encourager les images. De plus, nous devons rassembler les informations dont certains théâtres disposent pour partager des activités, créer des moyens de communication efficaces en collectant des données de tous les théâtres, qui enregistreront efficacement nos efforts pour gagner plus de monde. Nous travaillons à la fois sur des outils numériques et des collaborations pour fournir des théâtres et des cinémas indépendants qui peuvent faire partie de la transformation numérique.
CB-F : Malgré nos préoccupations quotidiennes, nous devons saisir les opportunités de nous former dans ces domaines, ce qui contribuera également à réaliser ce grand défi de gagner les masses, et plus encore la jeunesse.
SL : Nous devons réévaluer le rôle des théâtres dans l’éducation artistique. Nous terminons donc un livre blanc réalisé avec Passeurs d’Images. Ce document servira de référence aux élus, aux personnels enseignants et aux nouveaux théâtres désormais, pour un meilleur ancrage des systèmes éducatifs.
CB-F : L’édition correcte des textes sur le développement du film est également importante, tout comme la prise de cinémas par des personnes indépendantes, afin d’éviter les effets néfastes de l’imagination.

Lors de votre dernière grande collaboration, l’échange avec le cinéma s’est fortement concentré sur l’investissement dans l’innovation de la production numérique. Quelle est l’importance de ce sujet aujourd’hui ?
SL : Avec la hausse des prix de l’énergie, l’ouverture du remboursement des PGE et la faiblesse du marché, on en oublierait presque le danger de nos outils numériques. Si aucun financement n’est prévu pour garantir l’avenir de nos équipements de projection, une panne ou une défaillance technique pourrait nuire à la viabilité économique de nos entreprises et les placer dans l’avenir de leur plus grande faiblesse. Il faut donc continuer à travailler sur ce problème avec toute la filière (notamment de la part de l’ADRC) et trouver, en attendant des jours meilleurs, une voie pour les cinémas qui font face à la situation d’urgence pouvant rapidement atteindre le CNC.
CB-F : L’innovation des outils de projection passe aussi par la vision globale des investissements pour réduire notre énergie. Nos usines sont vieilles et occupées. Plus que jamais, en cette période difficile et fragile pour le cinéma en général, et l’art et la littérature en général, nous avons besoin du soutien de nos soins, mais de la cohésion de la communauté de l’entreprise. Nous sommes bien conscients que cette période de transition a soulevé des inquiétudes et des inquiétudes chez nos membres. Cependant, nous voulons croire en l’avenir du cinéma, en insufflant l’esprit de lutte constante, d’unité et de coopération au service de la diversité et de la liberté.

Interview de Kévin Bertrand

© crédit photo : Julien Lienard pour Le film français/Martin Lagardère, Contour by Getty Images pour Le film français

Leave a Comment

%d bloggers like this: