Fabcaro et Éric Judor ont propulsé le roman graphique

La narration est normale pour vous. C’est difficile?

C’est vrai. Nathalie Fiszman, aux Éditions du Seuil, a publié cette collection de livres, dont “Les six fonctions du langage”, de Clémentine Mélois. Il voulait nous réunir, Éric Judor et moi, avec nos blagues. On ne se connaît pas mais tout le monde respecte le travail de l’autre. Eric voulait une histoire sur le vaudou. On a trouvé ça incroyable, on a cru que c’était un thriller… Puis j’ai pensé à l’idée du méga perdant qui fait l’effet vaudou pour devenir un méga gagnant. C’est comme ça…

Le livre est très similaire à vous deux…

Je suis content que tu dises ça. J’étais l’auteur de la première version, qui a ensuite été révisée. Le vrai sens de l’écriture pour Eric, c’est que cela a à voir avec son univers. Quand les gens me disent aujourd’hui « vous avez écrit ensemble ? », je ne m’oppose pas (rires). Cela veut dire que la relation est réussie.

On a ici la blague du “Zaï zaï zaï zaï”, pour relancer son business… On fait un pas et on passe à l’absurde. Mieux vaut ouvrir la vraie chose?

« Zaï zaï zaï zaï » est un double fond plus avancé, la seconde lecture étant plus communale. “Voodoo Guacamole” est un petit écolier. Bien que la blague ici soit une raison de parler de la religion du succès, des médias, de la politique. Quelqu’un m’a dit que le débat présidentiel que je menais était réel, même s’il était très bête. Et j’ai écrit avant l’annonce proprement dite…


Guacamole vaudou

Au seuil

Combien d’exemplaires de “We Two” les codes du roman graphique comportent-ils ?

Je n’ai pas beaucoup lu (rires). Je ne l’ai pas lu auparavant. Je les ai ouvertes chez ma grand-mère quand je les ai trouvées sur la table basse. Tellement bon, je trouve que c’est un support parfait pour la comédie décalée. Je ne suis pas la première personne à le faire. Le groupe de “Fluide glacial” a très bien fonctionné à l’époque de Léandri. Je surfe sur le truc. Mais j’ai écrit comme je le fais toujours, comme une bande dessinée, un storyboard gaufré avec des hommes patates…

Il y a un contraste hilarant entre les scènes et les décors des années 1970 et les situations scandaleuses d’aujourd’hui…

Nous avons tous convenu rapidement que la décoration était très kitsch. Pour nous, l’âge d’or de l’histoire de l’art, c’était les années 1960 et 1970. On a adoré cette déco hyperkitsch, avec des pièces qui font mal aux yeux, des chemises sur mesure, des chaînes, des grosses perruques…

Alison Wheeler, Arthur H., Elizabeth Quin, David Castello-Lopes… Le casting ressemble à une bande de potes.

Oui et non. La plupart du temps, l’éditeur s’approchait au hasard, essayant de trouver quelque chose d’intéressant. C’est vraiment spécial ! Personnellement, je reviens à Nicolas et Bruno, qui ont travaillé sur “Message à caractère informatif” chez Canal. J’ai un peu connu Clémentine Mélois et Hervé Le Tellier. Mais c’est surtout Nathalie Fiszman qui a recruté les participants. Comme Arthur H. ou l’historienne Elisabeth Quin…

Auteur et journaliste Fabcaro.


Auteur et journaliste Fabcaro.

Céric Jover

Le livre a été tiré à 100 000 exemplaires…

Je ne sais pas s’ils l’ont tous acheté (rires). Je sais qu’ils se sentent un peu gros, même si ça commence très fort. Je ne m’attends pas à des progrès, c’est incroyable, j’ai toujours l’impression de ne pas être lu. Mon public a grondé avec “Zaï zaï zaï zaï”. Mais là, avec l’image d’Éric Judor, très publique, je pensais que ça irait plus loin.

Prêt à recommencer ?

Ce n’était pas prévu au départ. Mais on a bien rigolé, on a eu de belles idées, et on espère faire encore mieux. Je ne sais pas dans quel sens. Ou un autre livre, ou autre chose, mais on a envie de recréer cette ambiance…

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