“Illusions Perdues”, de Xavier Giannoli, reçoit le César du meilleur film

Après “L’apparition”, “Illusions perdues”

Xavier Giannoli a réalisé “L’Apparition” en 2018, où Vincent Lindon enquête sur une apparition mariale. Les films de Giannoli sont tous des histoires de “croyances”, comme il l’explique : “A l’origine” l’histoire d’un escroc incarné par François Cluzet qui tente de faire croire à tout le pays qu’il le sauve d’une situation économique ; dans “Marguerite” (qui a reçu quatre Césars en 2016), Catherine Frot dort en musique ; et dans “Quand j’étais chanteur”, Gérard Depardieu veut croire qu’il peut séduire Cécile de France… “En effet, beaucoup de mes films peuvent s’appeler Lost Illusions”le directeur a accepté.

“Cette histoire de foi m’est très proche dans une éducation chrétienne que j’admire tant, dit Xavier Giannoli, Je sais que c’est une partie de moi, mais c’est une partie de moi aujourd’hui d’une manière turbulente, conflictuelle, complexe, c’est ce que j’ai voulu montrer dans L’Apparition. “ Dans ce sens, perdre l’illusion est “un rapport à la foi, au dialogue avec le doute et le désir de croire”… “Autrement dit, la vie d’un chrétien !”, conclut-il en souriant.

Benjamin Voisin et Vincent Lacoste dans “Lost Illusions” – Crédits : Roger Arpajou © 2021 CURIOSA FILMS / GAUMONT / FRANCE 3 CINEMA / GABRIEL INC. – UMEDIA

Convertir Balzac au cinéma

Porté par des images inspirées par une “soif de hauteur” mais “la condition humaine est un clou à la terre”, Xavier Giannoli a attendu ses 50 ans pour adapter la grande œuvre de Balzac. C’est au cours de ses études littéraires à la Sorbonne qu’il découvre ce livre, “l’un des plus remarquables de la littérature française”. Un livre qui “parle de l’apprentissage par l’échec, du sentiment d’humilité, de la volonté de réussir et des réalités du monde auquel nous sommes confrontés, des compromis et des échanges”.

Écrite entre 1837 et 1843, “Lost Illusions” est la fresque très appréciée de La Comédie humaine. Xavier Giannoli en a fait un film de deux ans et demi, dans lequel le rôle-titre de Lucien de Rubempré était bien joué par Benjamin Voisin. On y retrouve Cécile de France, Vincent Lacoste, Jeanne Balibar ou Gérard Depardieu.

C’est l’histoire de Lucien Chardon (alias Lucien de Rubempré), un jeune écrivain et poète qui travaille dans une petite imprimerie de la province et espère être publié. Il part donc pour Paris, « la ville-monstre » où règne l’argent et où les idées nobles et les idées pures se dressent contre les accusations et la corruption des journalistes et des banquiers. “Il se rendra vite compte que la presse n’est pas là pour célébrer le talent mais pour le vendre.”

Lâchez vos illusions et commencez à vivre…

Xavier Giannoli montre que c’est à ce moment que la société française prend “le grand tournant du libéralisme économique”. Si le film parle d'”abus de métier”, “ce n’est pas facile” de juger Rubempré, conseille Xavier Giannoli. Comme tout le monde, il doit gagner sa vie… Le réalisateur ne veut pas que “le film se termine sur un sentiment d’échec”. “Perdre ses illusions, c’est commencer à vivre une autre vie, [Lucien] il avait tort il avait raison de croire, dans le péché, c’est comme ça qu’on avance, c’est comme ça qu’on grandit. Pour le dirigeant, “la démission est nécessaire pour commencer la vraie vie”. Il a cité cette citation de Balzac : “Je pense que les gens retrouvent quelque chose en eux-mêmes après le désenchantement.”


Vincent Belotti a dédié son émission “Tout Doux” du 20 octobre 2021 à Bertrand Tavernier, l’une des directions de Xavier Giannoli, et Claude Carrez, M. Le cinéma au RCF est mort en avril 2020

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