Inceste : La Ciivise appelle les pouvoirs publics à réprimer cinq pratiques dangereuses

Quelques jours avant de remettre son rapport sur le sexe et la maltraitance des enfants, la Ciivise a formulé cinq recommandations qui devraient être mises en œuvre immédiatement.

La même année, la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles contre les enfants (Ciivise) a recueilli 16 454 signalements de victimes. En attendant de remettre son rapport, mercredi 21 septembre, il profite de l’ouverture des débats sur le vote du budget 2023 contre les responsables gouvernementaux. La Commission leur a donné cinq actions à accepter immédiatement dans la lutte contre ces violences.

En d’autres termes, il demande une information systématique des victimes. “Ces 160.000 enfants sont touchés chaque année, il faut les récupérer avant qu’ils n’aient 44 ans, l’âge moyen de nos témoins”, a développé le juge Edouard Durand, co-président de la Ciivise, dont le Journal du dimanche.

Par conséquent, la Commission demande à toutes les entreprises qui s’occupent d’enfants, infirmières scolaires, travailleurs sociaux ou médecins, de résoudre avec eux le problème des abus sexuels.

Mais ces experts ont besoin d’être soutenus dans ce processus. C’est pourquoi la Ciivise préconise dans un deuxième temps de les accompagner pour améliorer une “cellule d’accompagnement et de conseil”, disponible par téléphone, pour savoir réagir face à l’événement d’un spectacle.

“Un médecin libéral, seul dans son cabinet, face à un enfant qui lui fait confiance en tant que victime, se retrouve dans une situation critique. Il doit faire appel à une cellule d’accompagnement pluridisciplinaire, qui peut le laisser parler à d’autres médecins pour l’aider à rédiger le rapport, », a déclaré le juge Durand.

La Commission insiste également sur la nécessité d’allouer davantage de moyens, tant humains que matériels, à la lutte contre la cyberpédocriminalité. Les services spéciaux de police d’investigation devraient être renforcés, car “la formation” est plus courante, cette activité de prédateurs qui approchent les enfants sur Internet pour se moquer d’eux.

En France, il n’y a actuellement qu’un enquêteur spécial pour 2,2 millions de personnes, contre “un pour 100.000” aux Pays-Bas et “un pour 200.000” en Grande-Bretagne, selon les experts de la Ciivise.

Les soins sont rendus

Un vrai défaut, note que “les chercheurs du Bureau central spécialisé” peuvent “voir en temps réel qui consulte les dossiers photos des enfants”. Ils ont pu “identifier les enfants enlevés à l’étranger et les remettre en liberté avec la police de ce pays”, a précisé le juge Durand.

La Ciivise demande le lancement d’une grande campagne nationale sur le sujet et encourage la confirmation du remboursement des soins spéciaux en psychotraumatologie pour les victimes. Selon Edouard Durand, “certains nous disent ‘je me suis maudit de payer des soins’ et ‘je ne peux pas emmener mon enfant en cure spéciale psychotraumatologie parce que je n’en ai pas les moyens'”.

Les travaux de la Ciivise ont débuté en 2021, après la publication d’un livre de Camille Kouchner. Dans “La familia grande”, elle accuse son beau-père, le politologue Olivier Duhamel, de se disputer avec son frère jumeau. Cette histoire a libéré la parole de milliers de victimes, dont les témoignages ont été volés sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #MeTooIncest.

Une ligne téléphonique dédiée, ouverte par la Commission en septembre 2021, a reçu des centaines d’appels dans les premières heures. Des réunions publiques ont été organisées dans toute la France, pour permettre aux victimes de briser leur solitude, leur silence et rejoindre les groupes.

Une réunion publique reprendra mercredi à Paris, et la Ciivise publiera son rapport le même jour. Le document devrait examiner les effets douloureux que cette maltraitance infantile a sur les parents aujourd’hui. On s’interroge sur leur santé physique et mentale mais aussi sur l’impact sur leur vie affective, sexuelle et professionnelle.

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