Jules, le vrai héros de l’écrivain Daniel Picouly

Si la langue n’est pas chargée de sympathie, on est heureux de dire que Daniel Picouly a son grand-père Jules. “à la peau”. L’auteur est donc le seul membre d’une grande famille à avoir hérité de la peau de cet ancêtre né à la fin du XIXe siècle.serait siècle, sur les hauteurs de Fort-de-France, en Martinique.

Daniel Picouly a présenté son corps comme un symbole de métissage, lorsque les images inconnues du grand-père paternel ont rapidement été diffusées. Souvent tenu par sa mère – blonde aux yeux bleus, comme ses douze frères – ce souvenir de couleur nourrit un petit et fort lien.

“La France doit sa victoire en 1918 à mon grand-père”

Mince, parce que l’écrivain ne connaît pas Jules, ce “intimidant” mort avant quarante ans, au terme d’une dure vie de chaudronnier. Tant mieux, car la mère de Daniel, prompte à soutenir la cause des Noirs, a placé son père au centre de l’histoire familiale. “Pour lui, c’était simple : la France devait à mon grand-père la victoire de 1918, comme elle devait à mon père, fidèlement, 1945.”

Ainsi Daniel Picouly a grandi à l’ombre de son grand-père, qui s’imaginait porter un manteau de fourrure, sous un trench, pour combattre courageusement l’ennemi à la baïonnette. “Ça me donne la chair de poule” filtration. Même s’il sait maintenant que cette image de héros était pire lorsqu’elle a été donnée au narrateur.

L’histoire du grand-père poilu

Il y a une dizaine d’années, bien sûr, Daniel Picouly s’est chargé d’offrir un livre à Jules. Voyager en Martinique, visiter les archives, lire des périodiques, échanger avec des chercheurs… Jusqu’à ce mail d’un célèbre journaliste : « Je n’ai trouvé aucune trace de votre grand-père dans les registres militaires. »

Immédiatement, la vérité se détourne de l’histoire familiale, martelée, bien sûr, toujours glorifiée par la mère de Daniel à l’heure du café avec les voisins de la maison de campagne. “La mort prématurée de mes grands-parents et de mes parents a été le drame de ma vie, mais c’était aussi un moment d’amour”. s’est plu à l’auteur, qui a construit des pans entiers de son œuvre “en vain”. Lorsque l’histoire du grand-père poilu éclate, Daniel Picouly se sent investi d’une mission : « Ecrire une autre histoire, comme le pouvoir. »

“La belle Marie ramène son géant noir à la ferme familiale”

Cette histoire le montre à sa manière, doux, gentil, espiègle, en La voix de l’iguane (Albin Michel, 2015), donne à Jules le récit et l’ouverture de sa propre histoire. “Ce n’est pas facile de ne pas être un héros quand tout le monde vous demande de l’être” lui fait-il dire à partir d’une photo, avec une vue plongeante sur le fameux mail pour l’ouvrir.

Le travail de grand-père pendant la Première Guerre mondiale n’est cependant pas à discréditer. Les recherches menées par Daniel Picouly montrent qu’il n’y avait pas d’immatriculation en Martinique au début du conflit, Jules entra et sortit de l’île en 1915 pour rejoindre l’arsenal de Tarbes en étant ouvrier qualifié.

“Un symbole moral”

C’est là que commence une histoire d’amour mêlée de courage. Daniel Picouly était heureux de penser “la belle Marie ramène son géant noir à la ferme familiale pour le donner à ses parents”. La famille a promis la main de Marie à un homme du village qui s’est avancé… Et la jeune femme a dû – “une vraie héroïne” – elle a un deuxième enfant de Jules afin qu’elle puisse être autorisée à épouser son mari.

A 73 ans, Daniel Picouly continue de voir Jules “bon signe”. “Pas plus que mon père, il nous a donné un peu de colère, un peu de violence dans les relations raciales. J’interprète ça comme une bénédiction”, l’auteur, travaillant à l’écriture d’un nouveau livre dans lequel l’Afrique a toute sa place. Pas à pas, livre après livre, empruntant mille chemins, l’auteur poursuit tranquillement sa quête. Il entend retracer l’histoire de la famille jusqu’au « Picouly zéro », le premier des Picouly arrachés à ce pays par les marchands d’esclaves.

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La chose. “Les journaux de mon grand-père”

« Dans une boîte, dans la maison, chez mes parents, j’ai trouvé des cahiers que mon grand-père utilisait comme journal ou livre de comptes. Il y a des photos de la chaudière. De sa belle écriture, Jules notait également ses dépenses quotidiennes. Ici, un verre de rhum, un cigare. Nous espérons qu’il ne pourra pas toujours procurer de tels plaisirs. On lit aussi en quelques pages à quel point mon grand-père s’est senti humble, surtout quand ma grand-mère est tombée en dépression. En petites assiettes, ces livres nous ont jeté un chemin vertigineux dans sa courte vie. »

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