La douce mémoire des noms dans les livres lesbiens

Dans un article publié dans The Conversation en octobre 2020, j’évoquais la littérature lesbienne comme un phénomène peu connu dans l’étude de la littérature : peu étudié, difficile à expliquer, bien qu’intéressant présenté pour l’histoire et la voie des femmes, au XXserait et XXIserait siècles, on pense à la théorie littéraire.

L’histoire des femmes bouscule les canons établis, les traditions historiques, les codes du langage : au-delà de son ancrage social, romantique, politique ou philosophique – selon l’angle sous lequel on veut aborder le sujet du lesbianisme -, interroge profondément l’auteur et ses interprétations.

Noms et noms attachés

Pourtant, Traude Bührmann, la chroniqueuse allemande de Lesbia Magazine dans les années 1980-1990, s’interrogeait en novembre 1994 : « Quels noms brillent dans la littérature lesbienne ? […] Quelle est l’importance des noms dans les généalogies ?” Parce que la réponse n’est pas claire.

En revanche, ces noms sont inconnus. Ce sont des traditions transmises de bouche à oreille, des livres qui rencontrent des problèmes d’impression, de distribution et de lecture. L’histoire ne s’est pas faite, sauf dans les cercles conflictuels ou contre-culturels, elle n’est pas visible par la majorité du public et sa diffusion a longtemps reposé sur les promesses des autres.

D’autre part, les noms des livres lesbiens sont attachés à eux-mêmes par certains auteurs. Certains d’entre eux écrivent leur travail ou une partie de leur travail sous un pseudonyme. L’opinion que les lesbiennes (même en France) parlaient beaucoup dans la seconde moitié du 20e siècle.serait siècle, elle est Patricia Highsmith : auteur de polars à succès, elle publie sous le pseudonyme de Claire Morgan Le prix du sel en 1952 (première traduction en Voler de l’eau d’Emmanuelle de Lesseps, alors connue sous le nom de jaune). Des rumeurs ont circulé, mais la véritable identité de l’auteur n’a été révélée que dans les années 1990.

La prostitution est rejetée

De plus, l’enchaînement des noms renvoie à une sorte de travail de création de la littérature lesbienne des années 1970 : à l’époque du Nouveau Roman et des déconstructions romanesques dans la nature, “La plupart des protagonistes n’ont pas de noms propres”se souvient Traude Bührmann.

« Ils s’appellent ‘je’, parfois ‘tu’ ou ‘elle’. Afin de savoir qui est “je” ou “vous” ou “elle” dans une histoire, j’ai besoin de connaître le nom de l’auteur, le titre du livre et la date ou l’endroit où il a été publié. Par conséquent, ce protagoniste n’a pas une vie indépendante, une future indépendance. Il n’y a pas de nom qui puisse briller éternellement dans le cosmos lesbien.”

Alors, bien sûr, s’il est parfois difficile de retenir les noms de la culture lesbienne, c’est parce qu’elles sont traitées, victimes du double silence : c’est ce qui marque l’histoire culturelle des femmes, ce qui est triste. l’identité sociale du lesbianisme. En mars 2022, on a vu de nombreuses personnes rejeter la vie lesbienne de Rosa Bonheur, dont le travail a été présenté à l’occasion de son 200e anniversaire.La mort d’Hélène de Monferrand, le 14 février 2022, est apparue sans voix dans les médias , malgré les auteurs. Pourtant, elle fut l’une des principales écrivaines féministes des années 1990.

Il faut attendre le début du jardin Monique-Wittig, au XIVserait Quartier parisien, en septembre 2021, le mot “lesbienne” est apparu pour la première fois sur un mur public en France. En mars 2022, grâce à Suzanne Leclézio et Yvonne Ziegler n’ont pas annoncé leur mariage et ont donné le couple en guise de“ami temporaire” la première.

Si vous aimez les prénoms…

Par conséquent, il est difficile d’identifier les noms de la littérature lesbienne. Dans l’article « Que font les lesbiennes dans la littérature », ça en dit long ; les auteurs les plus célèbres, mais à vrai dire, le journal oublie les autres.

En regardant de près l’histoire française de la littérature lesbienne (la définition pose problème, j’aborderai ce point dans le premier article et surtout, dans le livre. Écrivez à l’encre violette. Livres généalogiques en France de 1900 à nos jours), on peut citer par exemple les auteurs recensés par Paula Dumont dans les quatre tomes de son dictionnaire féministe. parmi les femmesses noms sont éparpillés autour du XXserait et XXIserait des siècles.

Ou que – et la police est de retour – Gabrielle Réval, Jeanne Galzy, Hélène de Zuylen, Renée Dunan, Élisabeth de Clermont-Tonnerre, Célia Bertin, Juliette Cazal, Hélène Bessette, Irène Monesi, Françoise Mallet-Joris, Suzanne Allen, Nella Nobili, Rolande Aurivel, Jocelyne François, Mireille Best, Maryvonne Lapouge-Pettorelli, Danielle Charest, Geneviève Pastre, Cy Jung, Danièle Saint-Bois, Sabrina Calvo, Évelyne Rochedereux, Wendy Delorme, Ann Scott, Élodie Petit, Joëlle Pauline Gonthier, Tal Piterbraut-Merx, Jo Güstin, Alice Baylac (etc.).

Nombre de mémoires consacrés à la littérature lesbienne
a été considérablement augmenté depuis 2020, et davantage de projets sont en cours de développement pour promouvoir l’activité.

Cela n’aurait aucun sens si nous ne mentionnions pas les noms de tous ceux qui, depuis de nombreuses années, ont essayé de récupérer cette histoire, de la faire revivre, de la promouvoir et de la diffuser malgré l’opposition dans le document de terrain. A noter l’émergence des maisons d’édition féministes à la fin des années 1990, l’essor de l’édition spécialisée et de la critique jusqu’à aujourd’hui : éditions Geneviève Pastre, Editions Gaies et Lesbiennes, éditions KTM, Homoromance, etc.

Une nouvelle extension des travaux

Outre les noms donnés, il faut mentionner le début de la théorisation donnée par Marie-Jo Bonnet dans son important ouvrage. Les relations amoureuses entre femmes au XVIe siècleserait siècle au XXserait siècle; le travail fourni par les Archives lesbiennes et les revues qui ont commencé à paraître dans les années 1970.

Quand les femmes s’aiment, Désormais, Lesbia Magazine et Vlasta, surtout en France, dont les pages ont recueilli beaucoup de littérature et de critiques de Catherine Gonnard, Suzette Robichon, Michèle Causse, Élisabeth Lebovici, Hélène de Monferrand, Danielle Charest, Évelyne Auvraud, Odile Baskevitch, Chantal Bigot et autres. Depuis quarante ans, ils ont mené à bien d’importantes tâches d’investigation, d’analyse et d’histoire de la culture lebienne – une tâche qui a parfois été négligée.

Aujourd’hui, ce grand ouvrage est édité et étoffé par toutes les plateformes papier (Jeanne Magazine, Panthère première, La Déferlante), numérique (Roman Lesbien, Lesbien raison, Mx Cordelia, Planète Diversité et bien d’autres) ou radio (l’ouvrage de Clémence Allerard sur la culture française , Lundi Gouinement, Radio TALK) pour pouvoir présenter l’histoire de la littérature lesbienne. Il n’est pas possible de citer tous les noms, tous les sites : ils sont nombreux, peut-être plus ces dernières années.

En ce qui concerne la recherche bibliographique, cette publication est aujourd’hui largement reconnue, bien qu’elle ne soit pas adaptée à une compréhension claire de ce sujet d’étude. Bien qu’il ait été fait depuis la fin des années 1980 par des chercheurs pionniers comme Gaële Deschamps ou Catherine Écarnot, il a fallu un long combat pour s’institutionnaliser. En dehors des articles monographiques qui abordent fréquemment le thème du lesbianisme en littérature, peu d’articles scientifiques sont publiés en France sur cette question.

A cet égard, on peut citer les travaux de Marta Segarra, ou l’important travail réalisé récemment par Marie Rosier et Gabriela Cordone, concernant le regard féminin hispanophone : dans un numéro de la revue universitaire bisontine Sc&ographieselon l’analyse Mouvementsils se sont concentrés sur l’analyse de la nature du lesbianisme dans la littérature, l’histoire de ses concepts et les problèmes de recherche qui élargissent ces questions.

Un sujet qui a été négligé auparavant
son mari

Enfin, on peut dire que les jeunes chercheurs sont très enthousiasmés par le sujet : il semblerait que le nombre de mémoires consacrés à la littérature lesbienne ait considérablement augmenté depuis 2020, et de plus en plus de programmes se développent pour la promouvoir. dépôt électronique Big Tata).

Nous constatons également une différence entre les idées de recherche et les informations disponibles, lorsque nous essayons d’organiser des journées de formation ou des séminaires sur ce sujet. De nombreux chercheurs se sont engagés sur le sujet : le succès du colloque “Sapphic Vibes” en mars 2019, organisé à l’Université de Mulhouse, en est la preuve.

Pourtant, le sujet lesbien est moins traité et moins maîtrisé, à l’université, que son homologue masculin : preuve en est les problèmes rencontrés par les animatrices de cours ou de séminaires qui veulent se pencher sur le thème des rapports entre littérature et homosexualité. tout en identifiant les catégories de genre à prendre en compte, cela reste le résultat de la plupart des références de genre.

Une histoire à relire, des recherches à faire

Ces listes sont longues : c’est vrai. Mais ils montrent bien que la littérature lesbienne (en l’occurrence française) est loin d’avoir deux ou trois noms séparés l’un de l’autre : c’est une histoire longue et riche, nourrie de discussions entre écrivains, producteurs, étudiants et chercheurs, lectrices, archivistes, éditeurs et libraires, pendant des années.

On a essayé, dans un livre paru fin mai dans le Cavalier bleu, Écrivez à l’encre violette. Livres généalogiques en France de 1900 à nos jours, retrouvez cette histoire. Autrement dit : 80% des droits de l’oeuvre seront reversés au Fonds d’Intérêt Général des Lesbiennes (LIG), afin de se rendre compte de l’importance de cette recherche.

Notre recherche commence en 1900, lorsque des ouvrages lesbiens sont publiés en France, après des siècles de silence. Puis, des années folles à l’après-guerre, de l’histoire militante des années 1970 à la naissance de la campagne spéciale après 1990, jusqu’à l’ébullition du début du 21e.serait siècle, ce sont des centaines de textes qui racontent et assument une vie propre. Ils couvrent une variété de genres : autobiographies, science-fiction et fantastique, musique, bandes dessinées, classiques, théâtre, histoires d’amour et de crime, littérature pour enfants, chansons.

Traude Bührmann a également dit, à propos des noms dans les livres féminins, que“Lorsque les noms et les auras spécifiques des personnages sont trouvés, ils se révèlent et deviennent des souvenirs pour les lectrices avec leur image et leurs yeux, leurs doigts et leur souffle uniques. […] Les noms peuvent raconter une histoire. Les noms peuvent exprimer des sentiments, donner lieu à une vision du monde”.

Nous attendons ce livre avec impatience Ecrire à l’encre violetteaider à donner de la valeur à cette mémoire fragile et maltraitée, afin qu’elle puisse participer à l’illumination de ces noms. “au paradis du cosmos lesbien” (et la littérature, en général !).

Cet article est reproduit à partir de The Conversation sous une licence Creative Commons. Lire l’article d’origine.

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