La librairie AB de Lunel : “Je veux montrer des livres cachés”

Delphine Cambet, responsable de la librairie AB. Regardez le début de cette séance d’écriture et avant le premier rendez-vous à la librairie prévu ce samedi 17 septembre au matin. Brillant.

Comment abordez-vous cette nouvelle saison d’écriture chez AB Bookstore ?

C’est ma 29e saison d’écriture et 490 livres ont été publiés. Personnellement, je sais que nous sommes en surproduction. Il a été tellement occupé en quelques mois que je regrette de ne pas pouvoir m’en tenir à quelques livres. Ma douleur est que je ne reçois pas 10% de ce qui sort et je sais que je manque de très belles histoires. Mais je l’ai terminé avec Pockets.

Comment choisissez-vous?

J’ai deux copains de lecture et mon mari et ma mère. On partage des lectures car chaque semaine il y a de super livres et on partage nos coups de cœur. Car, en plus des auteurs qui ont leur public, comme Nothomb ou Despentes, j’essaie de faire venir une quinzaine de livres et d’offrir un cadeau lecture. J’aime montrer des empreintes cachées et des histoires originales. Il y a des écrivains que je ne veux pas manquer comme Gilles Marchand, Oscar Lalo ou Kaouther Adimi. Après, je m’appuie aussi sur les préférences exprimées par les libraires dans les revues spécialisées ou la sélection des prix littéraires, même si les éditeurs sont souvent émergents. Enfin, certains lecteurs viennent avec leurs suggestions que j’aime beaucoup parfois.

Que pensez-vous de cette rentrée, avez-vous eu des bons chocs ?

Quand un bon vin est présenté. On parle beaucoup de guerre, d’introspection, de féminisme. Les thèmes forts pourtant j’aime la légèreté, me plaisent et me font rire. Mais je ne les ai pas tous lus et je connais quelques bons coups de cœur comme Isabelle Voin, que j’ai retrouvé ce samedi.

Alors rentrée à AB Bookstore samedi…

Oui, j’ai Isabelle Voin , une Lunelloise qui publie son 8e livre. Il a reçu le prix méditerranéen des lycéens no Le chemin et il a livré Envoyé par Jasmine étudier le sable,

un roman et une romance en deux parties : dans une prison de Poméranie où le personnage principal, Edmond, écrit un livre pour laisser une trace et on suit aussi une femme qui fugue dans des attentats militaires. Les chapitres sont courts et j’aime bien, c’est très mignon. Isabelle Voin donne une lecture musicale de 20 minutes avec le musicien ME C’est la première fois que je fais ce genre d’exercice dans une librairie. Puis le 6 octobre à 19h, j’ai commencé la collaboration avec Toulouse polar du sud et dans ce cadre, j’ai Miguel Szimanski, écrivain portugais avec une traductrice portugaise pour un échange à relier son premier polar à Agullo, Château de cartes.

J’ai vraiment aimé ce livre. Le personnage principal est un journaliste qui vit à Berlin et a décidé de quitter son poste pour diriger une brigade anti-corruption à Lisbonne. L’enquête, le traitement des femmes est très intéressant. Il nous fait visiter la Lisbonne méconnue du touriste, des bars cachés aux petits restaurants.

Quel bilan faites-vous de votre librairie après ces deux années Covid ?

Les librairies sont l’une des entreprises les plus chanceuses du secteur culturel puisque nous sommes considérés comme une entreprise importante à un rythme rapide. De plus, les gens lisent, donc nous avons eu deux très bonnes années. Là, on ramène les images pour 2019, complète un peu.

Voyez-vous un changement dans l’alphabétisation?

Le livre est comme une salle de cinéma, il est enterré depuis dix ans sous forme d’étagères. En fait, ce que nous devons savoir, c’est comment les lecteurs sont connectés au journal. Et côté jeunesse, force est de constater que le boom du manga est étonnant et durable.

Le problème du pouvoir d’achat pourrait-il avoir un effet sur cette rentrée ?

La plupart des livres grand format coûtent plus de 20 $. Il est clair que pour le panier commun, l’effet de l’inflation est présent. Nous espérons que les gens attendent avec impatience la sortie du livre sur Pocket.

Un mot sur la tentative d’assassinat de Salman Rushdie ?

Chaque tentative d’assassinat est une atteinte à une personne et plus qu’un écrivain, c’est une atteinte à la liberté d’expression.

Lecture de poésie à l’AB Bookstore ce samedi 17 septembre à 11h. Entrée libre.

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