Le coronavirus touche les artistes


JJamais je n’aurais pensé consacrer une journée à une présentation sur un virus ! Youri Vincy éclata de rire. Depuis un mois, sa galerie* de la rue de Seine propose à la vente une quarantaine d’oeuvres d’art inspirées par la crise sanitaire. L’idée de réunir des artistes dans un événement dédié au Covid-19 est née à l’occasion. “Un ami m’a apporté une plaque émaillée en mai dernier avec une publicité pour les peintures Corona. J’ai trouvé ça marrant. Et je l’ai mis en vitrine. Quand les gens sont venus me demander d’acheter, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à creuser là-bas, ” a déclaré le propriétaire de la galerie, le fils de Lara Vincy qui a ouvert ce lieu en 1955.

Youri Vincy a immédiatement contacté les artistes qu’il présentait pour voir si le temps libre leur avait été bénéfique mentalement. Ont-ils fait quelque chose contre la peste ? Il a été surpris par leurs réponses. “La plupart d’entre eux ont déjà fait beaucoup”, a déclaré le quinquagénaire.

Il a immédiatement décidé de les inviter à présenter leurs nouvelles œuvres. Le programme s’organise en moins de quinze jours. “C’est un record permanent dans l’histoire de la galerie”, a déclaré Youri Vincy. Le titre de l’exposition parle de lui-même. ” quod vierge le deuxième sens est le latin regarde çavoir ailleurs a déclaré le graphiste Pascal Le Coq qui a créé un logo pour l’événement. Les œuvres présentées répondent, bien sûr, à cet objectif : alors qu’une quinzaine d’artistes contemporains participent au parcours qui nous amène à repenser à l’année écoulée.

Esther Ferrer fournit une image montrant la distance de sécurité populaire soutenue par les épidémiologistes. Un mètre n’est “pas seulement” comme un télescope. L’autre chose à propos de l’image est dans le fait que ce mètre est la seule échelle sociale moderne populaire, où sa silhouette est un facteur dégradant.

Les numéros présentés sont, pour la plupart, pleins d’humour divertissant. Pierre Fisher transforme de simples balles de tennis en inquiétants avatars de maux de tête. Léa Le Bricomte transforme ce coronavirus en icône du rock, la petite soeur des Daft Punk. Sauf si vous êtes un soldat ou un cosmonaute. C’est Clémentine Mélois qui, lorsqu’elle est occupée, multiplie les montages photos amusants sur les réseaux sociaux, donnant des cartes de crédit qui donnent droit à une journée pleine de lumière. (Il sera crédité ici).

Jean-Luc André se moque de l’accident de laboratoire qui a conduit à la libération de l’agent pathogène à l’origine de la grippe. Il aime caresser les pangolins sur le sentier. Charles Dreyfus montre une statuette en forme de seringue enfouie dans le mur. Et le temps presse en attendant qu’un remède soit développé contre le cancer.

Ben Vautier n’a pas attendu le coronavirus pour célébrer la beauté de la vie. Ses tables couvertes avec son écriture humoristique autour d’eux encouragent souvent les visiteurs à profiter de la vie pendant que d’autres sont vivants. Ses toiles, comme dazibao, ont pris une tonalité plus sombre au fur et à mesure que le style Delta progressait. Il nous dit “d’attendre un miracle” et nous voulons le croire quand nous voyons les pensées hypocondriaques de l’homme.

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Évidemment, les masques sont partout. Joël Hubaut en décore ses toiles. Et Charlemagne Palestine en a fourni à ses animaux. Corinne Fhima crée une image « farcie » (vendue comme un steak dans une assiette recouverte de film), sous la forme d’une poupée vaudou appelée « Èva Pangolin ». Les tableaux de Ricardo Mosner, écrits dans des récits de voyage anciens, comme les tableaux de Jacques Charlier, apparaissent tantôt comme des rêves, tantôt comme des métaphores de la situation.

Mais l’artiste qui nous passionne le plus est Miller Levy. On l’a vu à propos de cette machine ludique qui est recouverte de boutons durs pour sa version féminine et qui n’est équipée d’un interrupteur marche/arrêt que pour sa version masculine. En digne héritier de l’Oulipo, il a changé les anciens noms « Que sais-je ? » et nous a donné des livres aux titres fous, adaptés à l’époque : comme suit Maladies publiques un Crise hospitalière

Une exposition à visiter en écoutant au casque la collection proposée par les éditions Levallois. Une soixantaine de chansons, extraites du catalogue d’Upton Park. Une sélection a été faite dans un livre écrit par Flore Brabant, selon l’agenda du rendez-vous, rédigé chaque jour entre le 17 mars et le 15 mai 2020.

Une bande originale qui réunit différents artistes tels que Matmatah, Emma Daumas, Paul Slade ou The Craftmen Club, et ravive les souvenirs de cette période étonnante qu’est le printemps 2020. puisez dans notre catalogue qui mêle hip-hop français, électronique atmosphérique musique, des riffs rock pointus, des chansons d’amour ou des morceaux de musiques du monde”, explique le jeune écrivain de 27 ans.

* Présentation “Quod vide”.. Galerie Lara Vincy, 47 rue de Seine, Paris 6serait. Jusqu’au 11 septembre 2021 (fermé en août), du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h30 à 19h (sur rendez-vous).

**Soixante notes fixes de Flore Brabant, éditions Levallois, 163 pages, 23,90 euros.

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