Lieutenant Burda ou punition pour son envie de changer de place

Je voulais montrer ce qui n’était pas pareil dans la vie de Burda, même à toute cette époque. » Partagez une lettre de Ferdinand von Saar à son ami l’écrivain Karl Emil Franzos.

Dans l’armée impériale autrichienne des années 1850, un jeune bourgeois, beau et lent, affiche sa vanité et son orgueil : le lieutenant Burda. Dans une société du XIXe siècle où les hiérarchies se côtoient au quotidien, le guerrier veut s’élever. Pour lui, le sang bleu coulait toujours dans ses veines. Il a payé un civil pour retrouver ses anciens ancêtres royaux, qui étaient des personnes de haut rang.

D’ailleurs, chez le Rastignac autrichien sans la reconnaissance de l’âme française, ses pensées s’organisaient selon cette ambition sociale, pas seulement en celle-ci : une princesse de la maison de Liechtenstein, qui à cette époque entrait dans l’apogée de l’histoire royale. le gouvernement. Pire encore, il l’aime vraiment. Illusion, illusion, quel est le secret derrière cette acceptation ? C’est souvent.

On suit les inspirations et les idées du jeune officier à travers les yeux d’un deuxième jeune qui a évolué avec lui par rapport à l’organisation militaire. Ce dernier, qui s’exprime à la première personne, est devenu un confident et un ami. Nous verrons que Ferdinand von Saar s’est caché dans chacun de ces deux. Burda se considère, va à l’Opéra et au cinéma, tandis que son régiment est stationné à Vienne. Son ami veut le libérer de ce rêve, et lui-même doute, alors qu’il croit que les signes peuvent changer cet amour…

Le plafond de verre

Ce texte, traduit par le grand allemand, Jacques le Rider, sous accès facile, est une excellente ressource. Comme dans chacune de ces 32 nouvelles, en véritable génie, Ferdinand von Saar cherche à transmettre une image du mode de vie autrichien, ici depuis sa jeunesse. Il y a de la nostalgie et de l’indifférence à cette époque. Un prince y va vers la fin de sa vie,comportement non violent impliqué dans des activités sociales non rentables, mais que la vieille Autriche et ses hommes nobles, une partie de Burda.

Audacieux et plein d’esprit, avec humour et sarcasme, le lieutenant fringant et audacieux peut devenir le jouet des dieux, qui punissent toujours les ignorants. Les personnes de grande culture et voyantes nous rappellent que vous vivez à votre place dans la société, et ne voulez pas arriver à une situation où vous n’êtes pas.

Par son titre, cette nouvelle reflète le regard de l’aristocratie du XIXe siècle, la transition entre les idéaux bourgeois et la résistance farouche des vieux fatigués. Le Balzac de Les délires disparaissent,le Stendhal de rouge et noir… Mais à la manière autrichienne, donc, non pas au pays des idées révolutionnaires, mais dans ce qui s’est construit en contrepoint de l’idée que Napoléon a propagée en Europe. La génération suivante, les Schnitzler et autres Freud, penserait aux maux de la bourgeoisie prospère et névrosée.

Ferdinand von Saar décrit le déclin de la puissance de l’Autriche depuis sa première défaite dans les guerres d’indépendance italiennes dans les années 1850 et 1866, avant la défaite dévastatrice de la Prusse de Bismarck. En bref, cette corruption a été démontrée par le retard de l’Autriche dans la guerre de Crimée de 1853. A cette époque, les postes de hauts fonctionnaires et de généraux étaient réservés à la noblesse, à leur détriment. Il y a de vrais talents, et ce texte en est la meilleure histoire. L’armée de François-Joseph est ici comme le chiffre de Ségur : le titre avant les actes.

Une équipe” où l’ascenseur social est verrouillé provoque, dans certains cas avec force et inhibition, des pathologies. Le lieutenant Burda, un solitaire narcissique à l’esprit paranoïaque, tombe dans un délire d’explication. Lorsque les princesses viendront se plaindre du comportement du héros auprès du narrateur, l’érotomane prendra une décision contre lui…

Sa mégalomanie précoce était le seul symptôme. Dès lors, plus qu’une peinture, Ferdinand von Saar accède à l’étude psychologique, voire psychanalytique, sous l’influence de son ami – les professeurs Sigmund Freud et Arthur Schnitzler -, Theodor Meynert. Sinon, cela montre cette dialectique claire entre la santé et l’esprit. Le lieutenant Burda est avant tout un rêveur, enfermé en lui-même comme son personnage le ressent dans la soi-disant réalité” objectif», jusqu’à ce que toute objectivité se dissolve dans cette subjectivité inconsciente. La princesse est devenue un symbole et Burda ne parlait qu’à elle-même.

De nombreuses conversations avec le narrateur dans la nouvelle illustrent bien ce point : l’amant n’écoute pas vraiment les réponses de son partenaire, et quand il le fait, il est en colère, ce qui est tout le contraire.

de la “Maupassant autrichien»

En même temps, si Ferdinand von Saar n’hésite pas à porter un regard sérieux sur cette période après les révolutions de 1848, enregistrée et conjuguée au tournage du moulin, elle s’apparente aux années de sa jeunesse. d’où vient sa nostalgie. Nous sommes devant les principaux événements à Vienne pour voir les fouilles de personnages célèbresRingstrasse. L’Opéra et le théâtre où se rendirent le lieutenant Burda et l’écrivain avant l’actuel Opéra, fondé en 1861 et le Burgtheater, ouvert seulement en 1888.

Cette nouvelle s’inspire largement de la vie et des idées de Ferdinand von Saar. Il est né en 1833 dans une famille modeste où le père est décédé alors qu’il n’avait que 6 mois, il a rejoint l’armée autrichienne à l’âge de 16 ans, partant pour l’Italie. Sans héritage familial, il survivra grâce à son maigre salaire d’officier subalterne, selon le lieutenant Burda.

Dans l’armée, il a participé à l’échec de la deuxième invasion italienne, sans participer au conflit, note Schopenhauer, et en quittant le service militaire, il décide de risquer une carrière d’écrivain. Grand lecteur de l’auteur de nouvelles et de nouvelles Adalbert Stifter, il s’est dirigé vers ces dernières, comme la poésie, jusqu’à ce qu’il soit rebaptisé, dans la suite, le “Maupassant autrichien“. D’abord endetté, il passera quelque temps en prison.

Comme le héros de sa nouvelle, il va faire ses recherches sur sa lignée, à la recherche d’une ancienne famille de personnages croates, les Zdiar, rebaptisés von Saar après leur établissement en Bohême. Sa vie ne passe pas par cette culture hypothétique, mais par les défenseurs qui lui ouvrent leur château. Elle a épousé l’ami de l’un d’eux, qui s’est suicidé à cause de sa dépression.Lieutenant Burdaparu en revue en 1887, puis en volume dix ans plus tard dans sa plus célèbre collection,Nouvelles d’Autriche.

Toutes ses œuvres sont influencées par un profond pessimisme, nourri par la vision sombre et romantique de Schopenhauer. A la fin de sa vie, il est reconnu et reçoit la faveur impériale de l’Ordre de François-Joseph en 1890. Atteint d’un cancer, il se suicide en 1906, à 72 ans, après une nuit de maladie physique et mentale. .

Son écriture est simple, précise et claire, et typique de la littérature moderne pour avoir un caractère non commercial, descriptif. Le plus grand désastre pour les Autrichiens arriva bientôt. La Vienne del’heureuse apocalypseHugo Von Hofmannsthal, Karl Kraus, Stefán Zweig, Gustav Klimt ou la psychanalyse le suivent, mais cette génération peut aimer son influence.

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