Livres, contes, peintures… Les pages de Clémentine Mélois

15 h 56, le 26 novembre 2020

En ces temps plombés par les inquiétudes sur les épidémies, l’état de l’économie, l’avenir du monde et le sort des invertébrés, il est facile d’agir, ce qui permet de changer de regard. Regardez différemment, souriez, respirez, réfléchissez. Et c’est une des fonctions de l’art. Clémentine Mélois, membre comme Pérec ou Queneau avant lui de l’Oulipo (l’usine de documents enregistrables), a affiné les images de livres, contes ou peintures dans les réseaux sociaux qu’il détournait. En remplaçant un titre connu par un groupe de voix ou en modifiant un petit détail sur une toile connue.

La délicieuse tasse de chloroquine

Un artiste et écrivain de 40 ans peut créer un nouveau tableau L’ange de Millet, peut être vu à la fois. Mais dans sa peinture baptisée geeks, si les deux têtes sont inclinées en dévotion, ce n’est pas pour prier mais pour demander leurs appels. Un travail que la galerie parisienne Lara Vincy compte bien montrer à nouveau en décembre, avec un nouveau regard sur les oeuvres Pléiade, papiers amers, céramiques punchy.

J’apporte une petite modification aux consignes pour m’adresser à chacun, afin que personne ne se sente exclu.

“J’ai commencé à faire des photos quand j’étais occupé parce que ça me faisait du bien”, a-t-il expliqué. Il les a partagés sur des sites Internet et les messages ont ensuite donné naissance à un livre, Bon pour un jour de lightté (Grasset). Nous avons découvert, avec une joie dédramatisante, un album d’Alain Geste Barrière (il y aura des chansons comme Lettre d’amour un Tu es mon meilleur ami) ou chewing-gum au goût chloroquine ! “Je m’écarte légèrement des consignes qui s’adressent à chacun, pour que personne ne se sente isolé. Il existe plusieurs niveaux de lecture, qu’il s’agisse d’une compétence ou non.”

Ces détails étonnants et anachroniques – les rayures orange sur le chasseurs de neige de Bruegel, le symbole du vêtement sur les corps nus d’Adam et Eve de Hans Memling – drôle, mais pas seulement. Ces mises à jour soulèvent de nombreuses questions. La femme de L’origine du monde de Courbet revu par Clémentine Mélois ne porte pas de buisson mais il semble rasé. Et ce tableau, longtemps caché avant d’être installé au musée d’Orsay, a donc retrouvé son côté révolutionnaire.

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