Maria Pourchet, Nina Allan, Cynthia Fleury… le choix des affiches de la semaine

PLEIN DE POCHES — Un drôle de petit miracle d’endurance, une magnifique œuvre de fiction d’un auteur anglais, une bonne analyse de nos ténèbres mortelles… Notre coup de cœur de la semaine dans l’industrie papetière.

“Succès”, par Maria Pourchet

L’humour est rare en littérature. Le premier livre de Maria Pourchet (dédié dix ans plus tard, l’an dernier, avec Feu) est la raison de ce résultat. Un drôle de petit miracle d’endurance, pour ne pas se laisser influencer, pour ne pas forcer la ligne. L’héroïne est une étudiante tardive, et a abandonné son projet de fabrication de bijoux (“même si j’ai porté ma première broche montrant un sourire que certains anciens ont vu dans la vague”) et dispose d’un chercheur sur les utilisateurs de Vélib. Son cerveau ne peut se concentrer sur autre chose que regarder et regarder son voisin, en l’occurrence son amant Marc-Ange, sociologue et père divorcé, est divisé ses enfants en ont deux : un cadeau et une bécassine. Ce qui a été dit ainsi ne dit rien sur la puissance du personnage de Maria Pourchet, tout dans les incisions désabusées, dans l’attaque à l’intérieur, dans les glissades anxieuses.

Éd. Folio, 7,80 €

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Le Roman de Jim de Pierric Bailly

Le père, ses ordres et ses peines continuent d’inspirer le romancier Pierric Bailly. Il a accompagné Aymeric ici pendant une bonne trentaine d’années, de sa jeunesse à l’âge adulte sans fin à la recherche de sa place. Sauf le jeune, mi-voyou mi-naïf, Aymeric “affaires avec Titi”, se retrouvent après un an de prison dans la vie quotidienne sans violence. Là, il retrouve Florence, une fille plus âgée qui continue de le surprendre par son esprit libre et sa forte personnalité. Aujourd’hui, Flo est enceinte et veut s’occuper seule de l’enfant. Aymeric est resté avec elle sans penser au bébé à naître. Bientôt, lorsque le petit Jim entre dans leur vie, Aymeric envisage un long séjour en trio, évitant la question de son droit. Fidèle aux principes du mélodrame, Pierric Bailly suit son héros, un père humble, et déroule une histoire simple qui brise le cœur comme une chanson célèbre.

Éd. Folio, 7,80 €

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10/18 / Folio

“Le fabricant de poupées”, de Nina Allan

Les bébés ont-ils une âme ? Ils sont, en tout cas, à l’origine de la relation épistolaire qui se noue entre Andrew Garvie, un homme de 1,44 mètre qui les a créés, et Bramber Winters, une femme qui les aime. Alors qu’il travaillait dans un hôpital psychiatrique, Bramber s’est beaucoup intéressé au travail d’Ewa Chaplin, la célèbre créatrice de jouets. Les six premiers livres traduits par Nina Allan, issus de son premier recueil de nouvelles. problèmes, à ce qui est bien connu La section, n’aime pas les lignes droites. L’écrivain anglais n’apprécie pas ces esquives, ces labyrinthes, ces entrelacs. Par conséquent, cette histoire d’amour entre Andrew et Bramber est entrecoupée de lettres et de nouvelles écrites par Ewa Chaplin, des histoires tragiques qui montrent ce qu’ils savent tous les deux : les histoires de nains adorables, de fous fous, d’artistes dévoués à leur métier, de monstres comme tueurs. Andrew et Bramber vont-ils s’y retrouver ? Quel pourcentage de vérité y a-t-il dans ces histoires inventées ?

Éd. 18/10, 9,10 €

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“Voici l’amer” de Cynthia Fleury

Un nuancier aussi riche en noir que l’oeuvre de Soulages ou de Goya. Une noirceur tragique qui s’accompagne d’amertume, de douceur et d’amertume, et qui ne se soucie de personne, se souvient Cynthia Fleury dans cet article, au titre. Guérit la haine. Détester! Avec du bon sens, il vaut sans doute mieux partager, un sentiment qui nous creuse, nous mord. Ce sentiment de bonheur dans le monde – c’est-à-dire “autre”, Les voisins, l’État, les étrangers, les parents, le destin… – se contentent de nous priver de nos droits et d’affecter à la fois les individus isolés et la société dans son ensemble. Pourtant, Cynthia Fleury rappelle que lorsqu’une société se laisse attaquer par la colère, le fascisme brûle. Et nous nous rapprochons dangereusement de cette époque. Voici la chose amère mais pas un classeur. C’est le premier des deux ouvrages de déconstruction, psychanalytique et politique, un état des connaissances qui intéresse au plus haut point les humanités et la philosophie.

Éd. Folio, 8,40 €.

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“Hôtel Castellana”, par Ruta Sepetys

À première vue, c’est une romance intelligente. L’histoire d’un amour impossible entre un jeune texan et une jeune madrilène, fille de républicains écrasés par la dictature franquiste. Nous sommes en 1957. Ana travaille à l’hôtel Castellana où se retrouvent les américains. Daniel était le fils d’un major pétrolier venu signer un accord lorsque le général Franco a ouvert les portes de son pays aux investisseurs étrangers. L’histoire est la plus épaisse des histoires éternelles, portée par le plus fort sentiment d’amour, fort d’émotions. Bref, on tourne les pages. Mais ce livre est plus qu’un simple divertissement réussi. L’auteur tente de montrer, de manière simple, la vie quotidienne des Espagnols sous le règne du Caudillo, la pauvreté, l’oppression, la peur, le pouvoir de l’Église. Et la mort des républicains et de leurs familles.

Éd. Folio, 9,40 €

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