Nîmes : la bibliothèque heureuse de Clémentine Mélois

L’artiste sort “Cent Titres”, son premier ouvrage, chez Grasset. Il est en dédicace ce vendredi, à partir de 17 heures, à la librairie Teissier.

Côté jeu, l’artiste Clémentine Mélois a choisi le pastiche pour le visage. Sorti de style, de soutien et de technologie. Iconoclaste forcené, il se complaît dans la pensée de groupe et pourrait bien enregistrer des oeuvres d’art célèbres comme l’Angélus de Millet ou La Joconde s’il en avait envie.

Sans vergogne attrayant

Pendant un an et demi, il a pris des livres de sa bibliothèque, de vieux romans, les feuilletant sans vergogne pour améliorer les jeux de mots dans les titres, les noms des auteurs, l’histoire du rire et du rire. Soyez heureux.

L’alimentation quotidienne provient de l’huile et de la graisse

Et voici Dostoïevski qui a écrit Crème et chat qui ment, Boris Viande Légume des jours et Léon Tolstoï Père et Gay. Les Mythologies de Roland Barthes sont devenues les meilleures Mycologies, Moby Dick de Melville Maudit bic. Avec Francis Scott Fitzgerald Tendre, elle m’a donné naissance et Stevenson commence avec Koh-Lanta (la nouvelle version de Treasure Island). Contrepèteries, anagrammes et bouche à oreille, le sens y est moins que l’empreinte du rire.

“Je cherche la vérité”

Mais le projet porte davantage sur l’ambiguïté entre illusion et réalité. “C’est un jeu sémantique mais aussi visuel. Je cherche la vérité. Sur les photos, je tiens le vrai livre dans ma main pour qu’on sente son poids, ses vêtements et je n’édite le titre que plus tard. A la manière des selfies, IE essayer de créer une relation de proximité avec le lecteur. Quand il sourit, il comprend. Chaque notice est un clin d’œil amoureux à l’œuvre et aux écrivains que j’ai aloha ai”, souligne Clémentine Mélois, inspirée par Raymond Queneau, Georges Pérec, Édouard Levé ou Edward Ruscha.

Passionnée par le mouvement de l’OuLiPo – l’Atelier des littératures potentielles – fondé par Raymond Queneau, la jeune femme a contacté l’un de ses membres, Jacques Roubaud, pour une préface à son livre. Car après le premier ouvrage dématérialisé sur le net (sa page Facebook compte près de 14 000 likes), Clémentine Mélois vient de sortir Cent Titres, chez Grasset. Il a donné une centaine de couvertures qui se sont transformées en notices, parfois très pointues, parfois au premier degré.

Le savoir-faire de Bernard Pivot

Il apprécie ce grand espace. Trois épigraphes en marquent le début : une citation d’Edward Ruscha pour un clin d’œil aux livres d’artistes, une de Georges Pérec pour la littérature et une autre de Guy Béart pour la culture populaire. En fait, il est sage d’apprécier cet artiste avec un travail instable qui dément son propre nom. A la dernière page, Bernard Pivot, un amoureux des livres, déclare : “Étudiante précoce des fac-similés, Clémentine Mélois n’a cessé d’en tourner avec malice et, disons, avec génie”. A la télé comme dans les airs, Augustin Trapenard, le journaliste, aimait comparer Clémentine à un OLNI, un journaliste inconnu.

Cent titres, 224 pages, 10 euros. Dédicace, ce vendredi, à 17h à la librairie Teissier, 11 rue Régale.


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