“On est dans le vrai mal”, rapporte une assistante maternelle avant la grève

Nadia manifestera ce jeudi 6 octobre dans les rues de Toulouse. Elle est assistante maternelle depuis 2008 dans une crèche publique d’une commune située dans un quartier important. La jeune femme dévoile son problème, partage son inquiétude face à une entreprise en danger et un personnel à bout de souffle.

Mon travail, c’est d’être prêtre, dit Nadia, la voix cassant un peu à la pensée et surtout de faire connaître son ministère. Un travail dans l’inconnu et un ouvrier à bout de souffle, dans les entreprises et locaux infirmiers de la ville rouge. La situation semble intenable en raison du manque constant de main-d’œuvre.

J’aime mon métier, je continuerai à travailler dans ce domaine aussi longtemps que je le pourrai, mais j’avoue que parfois je me pose des questions, faire autre chose… Je veux être utile à la communauté par mon travail, en famille qui nous a donné leur enfant, mais notre métier est inconnu et méconnu.

Nadia frappera ce vendredi 6 octobre. La déclaration du ministre n’a pas été prise fin juillet. Pour résoudre la pénurie de main-d’œuvre, le gouvernement propose à toute personne diplômée de la petite enfance, de travailler comme assistante maternelle ou assistante maternelle. Pour une jeune femme ce n’est pas acceptable :

« Je veux dire, tout le monde peut s’occuper des enfants à ce moment-là ! Ce n’est pas possible, ce n’est pas bien, je peux être ministre alors !“, s’agace Nadia.

On nous demande de sortir de l’école, de réfléchir à notre travail, et il y a beaucoup de choses à faire pour les enfants de ce quartier sur lequel je travaille, mais ici nous vendons notre travail, quatre !

L’entreprise fait face à une pénurie de main-d’œuvre. Les salaires sont bas et l’industrie n’a pas besoin d’attirer la jeune génération. Après 14 ans de travail dans cette crèche, Nadia était payée 1650 euros nets par mois.

En plus des bas salaires, les jeunes femmes détestent la robotisation du travail causée par le manque de main-d’œuvre. Le nombre de congés maladie augmente et les absences ne sont pas couvertes. Les salariés sont également concernés.

“On se voit en train de bricoler. On ne refait pas notre travail. On choisit ce travail parce qu’on s’intéresse au monde de l’enfance, à l’éveil des enfants, à les accompagner dans leurs apprentissages. Pour qu’on fasse correctement nos métiers, on est comme des robots !”

“On s’occupe de l’accueil, on s’occupe d’eux, on les fait manger, dormir, mais tout notre travail avec les enfants qu’on aime, on ne le fera plus. Non. On est dans la peine appropriée”.

La solidarité entre entrepreneurs semble très forte mais le personnel est à bout de souffle :

Il y a beaucoup de congés de maladie, mais avec mes collègues d’autres églises, nous tenons parce que notre principal intérêt est les enfants. C’est intéressant avant que la digue ne cède pour que tout le monde connaisse la situation et ait les résultats.

A Toulouse, il n’existe que deux écoles de formation où 90 assistantes maternelles sont diplômées chaque année. “Pas assez”, Nadia a répondu

Nous sommes dans la même situation que les maisons de repos. Après l’augmentation de la natalité en France, le gouvernement encourage la création de résidences privées. Ce dernier couvre toutes les aides provenant des écoles.

“On veut garder la fonction publique, j’y crois. Avec une augmentation de salaire on peut attirer plus de jeunes femmes dans notre métier”.

Appel à rendez-vous ce vendredi 6 octobre

Fatigue, manque de personnel et de moyens, ces mots sont le mal quotidien que déplorent les autorités de l’enfance toulousaine. Le groupe “Pas de bébés à la consigne”, parrainé par le groupement Collectivités Sud et la CGT, apprend la maladie des ouvriers d’une entreprise peu connue et non rentable. Selon les syndicats, les maisons fonctionnent de manière dégradante, disent-ils, nuisant aux enfants.

A Toulouse, les représentants d’infirmières et d’associations se sont déplacés le 13 septembre. Dans le cadre de la journée nationale du débat de ce vendredi 6 octobre, le groupe “Pas de bébés à la consigne” a appelé à des manifestations dans les rues de Toulouse. Le départ est prévu Place Arnaud Bernard à 10h00.

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