Peuple britannique, il est temps de déclarer les mensonges – Libération

S’il reste des jours au Royaume-Uni pour prouver qu’il est au centre du monde, le pays doit bientôt revenir durement au monde. Charles III devait aider son gouvernement, plus fragile qu’auparavant, à sortir d’une reprise morte en lui.

Dix jours pour continuer à y croire. D’ici les funérailles de la reine Elizabeth II, le Royaume-Uni se retrouvera là où il s’est toujours senti : au centre du monde. Ces dix jours en mondovision sont très prometteurs. Ils divertiront la plupart des sujets du Roi qui, envers et contre tout, continueront à croire que leur grandeur ne peut être comparée au passé. C’est ce que réclame l’avocat franco-britannique Philippe Sands “paysage” dans l’interview qu’il nous a accordée. Tentante ou ennuyeuse, peu importe, cette tendance de la conscience collective, produit du gouvernement, des guerres, de la technologie, du Blitz, de ce langage devenu universel, du football lui-même. il y en a vraiment. Et Elizabeth II, parce qu’il était de son devoir de tenir ce genre d’union, a fait naître ce sentiment (un délire dont nous sommes victimes en France, même si la présentation est différente).

Alors dix jours… Alors ? C’est la question mystère. Charles III, le roi révolutionnaire, cédera-t-il comme sa mère pour entretenir cette illusion, ou ouvrira-t-il une ère de retour au monde pour les Britanniques ? La deuxième option est avantageuse. Pourquoi cette ignorance de l’état du monde et de notre place a-t-elle été créée ces dernières années ? Un retour mort dans un autre. Cela s’est vu aux urnes et avec le vote du Brexit, Boris Johnson surfant, sans crainte de mentir, sur cette opinion populaire outre-manche selon laquelle il est seul, loin de l’Europe, sera plus fort. L’arrivée de Liz Truss à Downing Street confirme que le Royaume-Uni est sur cette pente glissante. Nous sommes plus faibles aujourd’hui que jamais, économiquement faibles, socialement dans les braises. L’unité du gouvernement est plus fragile. Les membres du Commonwealth continuent. « Qui sommes-nous dans le monde sans lui ? Qui sommes-nous dans notre propre pays ? C’est la question que les citoyens du royaume devraient se poser, estime Philippe Sands. Disons-le autrement : Reste calme et ne continue pasCharles, aux illusions perdues !

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