Rencontre avec Léna Paul-Le Garrec : “On envoie un livre à un éditeur comme on envoie une bouteille à la mer”

De même que Lulu, Léna-Paul Le Garrec raconte l’histoire d’un garçon qui grandit, aime particulièrement les choses emportées par la mer. C’est une histoire écologique, questionnant notre rapport à la nature et à la nourriture.

Tremblement c’est le personnage principal de l’histoire du début et du présent. Le livre s’ouvre sur Lucien devenu adulte et l’élève revenant sur son enfance pour nous raconter. Avec un scénario simple, Léna Paul-Le Garrec explore les caractéristiques de Lulu, une enfant élevée par une mère célibataire et anxieuse, qui mène des expériences et collectionne coquillages, plumes, bois flotté, déchets et bouteilles dans la mer. un peu différent, un peu en dehors de ce qu’on attend de lui et des pensées des enfants de son âge, surtout dans le domaine de l’imaginaire et du rêve.

Qui est Lulu ?

Lulu est un anti-héros et une brute à l’école. Je veux faire une différence sans la nommer directement. Je voulais créer un kaléidoscope de styles différents et montrer le pouvoir de la diversité. Lulu a un esprit qui la protège comme un bouclier mental. De plus, ses pairs acceptent lentement ses différences et les considèrent comme précieuses. Lulu est une enfant et, comme tous les enfants, elle n’a pas de limites. Il va au bout de ses rêves. Les adultes l’ont retenu.

La mer, deuxième maison de Lulu, est un objet de pollution humaine. Devenu adulte, Lucien crée une nouvelle espèce de poisson, le piscis détritivore, qui nourrit notre saleté. Votre histoire est une histoire écologique plutôt qu’une histoire sur la responsabilité de porter une culture.

c’est vrai. Je ne voulais pas critiquer. C’est aux gens de trouver des solutions et une des solutions trouvées par Lucien a été faite dans les temps. Son environnement l’affecte. C’est une éducation silencieuse. Nous sommes construits par notre famille mais aussi par notre pays. Dans « nature humaine », il y a « nature » et on l’oublie souvent. Parler de votre identité sociale parle aussi d’où vous venez. Lulu tire sa forme de la mer. Il fait corps avec la nature et veut trouver une solution pour ce lieu où il vit en société. Finalement, abandonnant sa nature prométhéenne, devenant rationnel et acceptant l’extase, il trouve une solution.

Sur la plage, Lulu découvre de nouvelles idées puis commence à créer des collections. L’enfant, pour Walter Benjamin, est l’image originelle de la collection, à chaque découverte de quelque chose de nouveau, il a le sentiment de “nouveau monde”.

C’est ça. Tout ce qui se trouve a de la valeur pour rendre le monde plus beau. C’est pourquoi Lulu collectionne ces objets de la manière la plus importante : avec style et séparation.

Lulu collecte, identifie et enregistre ce qu’elle trouve. Est-ce un signe de prise de conscience ?

Oui ! Une ode à la vision et à la concentration qui mène à la réussite. Bien que Lulu ait adopté une position scientifique qui l’aidera dans sa vie future. Les professeurs sont sérieux dans son apprentissage en lui permettant d’avoir d’autres activités comme aller au gros livre bleu. Grâce à ce livre qu’il a apporté à l’école, il a tenté d’identifier les coquillages qu’il a vus. Un jour, il a un problème : il veut retrouver tous les coquillages mentionnés dans son livre. Puis il élargit ses connaissances, modifie le périmètre et élargit ses connaissances.

Lulu a soif de connaissances, elle cherche à travailler de manière scientifique et objective, mais elle connaît aussi l’importance d’être souple au corps.

Il se rend compte peu à peu que nous sommes avant tout des corps et que la connaissance doit passer par le corps et la connaissance. Si le corps n’a pas de sentiments, il n’y a pas de connaissance. Cela nécessite une union entre le corps et l’esprit. Lorsqu’il atteignit l’océan Atlantique, ses yeux ne s’ouvrirent que légèrement. Il y eut d’abord les châteaux puis les coquillages et ce n’est que plus tard qu’il vit la présence des baigneurs.

Cette course au savoir force Lucien à accepter l’impossibilité de tout savoir. Bien sûr, il ne connaissait pas les circonstances du départ de son père et les choses étranges que sont le doute, l’incertitude et l’oubli.

Lucien ignorait que son père avait quitté la maison peu de temps après sa naissance. Sa mère lui a caché ce secret. Quand il est parti, son père a laissé une robe sur un mur dans le couloir que sa mère n’avait pas touchée la première année. Lorsqu’il se rend compte qu’elle ne reviendra pas, il brûle le manteau et garde une des valises. Il a décidé de coudre ce sac sur l’ourlet de la robe de Lulu. C’est un sac dans un sac comme les bébés qui nichent. C’est un effet kangourou inversé. De cette façon, le secret qu’il ne connaît pas se retrouvera dans ses vêtements. En même temps, sa mère l’a amené à penser à l’oubli. À l’avenir, il ne peut pas se souvenir de tout, il peut donc être amnésique. Et peut-être à cause des mots de sa mère qui font comprendre à Lulu le besoin d’oublier.

Les objets sont partout dans votre histoire : objets de collection, porte-bonheur. Certaines choses semblent avoir des pouvoirs magiques. La littérature a pour fonction de communiquer les choses en les interrogeant, selon Lamartine” Objets inanimés, donc tu as une âme » ?

Oui. Cependant, ce n’est pas une histoire fictive parce que les choses sont trouvées et recréées. Le matériau peut être très solide. La chose est juste. Il a une histoire et une âme. Lulu rencontre un chercheur d’or sur la plage. Il vivait sur la propriété qu’il avait trouvée sur la plage mais il n’arrêtait pas de penser à la beauté des choses. j’ai été très impressionné Des choses de Perec et j’espère repenser notre rapport à la nourriture. Je ne veux pas que cette pensée soit correcte et moralisatrice, mais il est important de la corriger.

Votre histoire interroge notre façon de manger : nous achetons trop de choses. Cependant, il n’est pas nécessaire d’avoir quoi que ce soit dans le médicament pour cela.

Nous sommes toujours entourés de choses. Cependant, dans le passé, l’homme créait des choses en observant la nature autour de lui et en transmettant les choses de génération en génération. Je voulais reprendre contact avec eux. Lorsque les gens décèdent, nous prenons soin des petites choses mais les apprécions davantage. La recherche du but de Lulu passe également par les étapes.

Lulu est une personne solitaire mais deux rencontres décident de son parcours. Vous pouvez trouver les contours de deux amitiés inattendues et puissantes.

L’amitié n’a pas de frontières géographiques ou physiques. Il tisse ces amitiés avec les personnes âgées mais il ne remarque pas la différence d’âge. Leur désir commun est de les unir plus qu’autre chose. Le personnage de Félicie est différent, utilisant son radar global, cherchant des choses qui sont négligées par les touristes. Il travaille avec beaucoup de soin. Il apprend à Lulu qu’il faut creuser pour ne pas affronter la surface et la superficialité des choses. Il faut creuser pour le trouver.

Vous dites Jules Verne, Petit Poucet ou Shéhérazade l’héroïne de Les nuits arabes. Quelles activités vous ont amené à écrire ?

Ce que vous avez dit à Shéhérazade est intéressant. Elle est mannequin d’écriture et Les mille et une nuit c’est le livre que j’emporterais sur une île déserte. L’histoire m’a beaucoup aidé à survivre et à panser mes blessures. Je lui dois beaucoup. Rédaction de ce document est une petite tâche.

les mêmes films Trésorier Benjamin, Spectacle Truman, L’enfant Chaplin m’accompagnait également. La mère a un personnage dans l’histoire Requiem pour un rêve dans sa robe rouge et regardant la télé. Ensuite, bien sûr, il y a les tableaux de Jérôme Bosch, pour collectionner, et les tableaux de Nicolas de Staël, pour la paix. J’ai toutes ces images en écriture et en musique aussi.

J’ai écouté en boucle “My Childhood” de Barbara, que je connais bien. Ici: ” Parmi les souvenirs, ceux d’enfance sont les pires “. Mais j’ai aussi écouté Serge Reggiani, Michel Polnareff, Ferret. C’est hétéroclite. Quand j’écris, je me tais. La musique est le début de l’écriture. Elle me donne de la mélancolie et de l’espoir.

Lucien réuni bouteilles à la mer “. N’est-ce pas une métaphore de parler du travail d’un écrivain et d’un livre que quelqu’un publie?

C’est vrai! On envoie un livre à l’éditeur comme on envoie une bouteille à la mer, la saison éditoriale est un tsunami où l’on publie un livre sans savoir s’il sera lu ou non. Dans le livre, Lulu trouve des bouteilles et se lie d’amitié avec Ferry, un collectionneur de bouteilles sur la plage. Un livre, comme une bouteille dans l’océan, prend du temps à s’ouvrir et à se découvrir.

Tremblement de Léna Paul-Le Garrec, Editions Buchet-Chastel, 12,99 euros.

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