Reprendriez-vous une tranche de vie ?

Scrapbooking, pages de cahier déchirées, tickets, flyers, bouts de papier. Petit rouge, rose, rouge, jaune, rouge ou linéaire.

Clémentine Mélois collectionne tout cela, dans la rue, près des commerces. Il aime les petits papiers, même les noirs ; car ils affichent des listes de commissions. Vous savez ce que vous ne trouvez plus dans votre sac ou votre sac à main lors de vos achats. Ou vous auriez tort. Ou vous le jeterez.

Pépites

Eh bien, après vous avoir échappé, ces listes sont probablement tombées entre les mains de Clémentine Mélois, qui les a collectionnées pendant plusieurs années. “J’aime les listes et ce qu’elles m’apprennent sur les relations humaines, y compris un voyeurisme alimenté par l’anonymat. Presque tout le monde écrit des listes, et c’est vraiment de l’écriture…” Voici une liste de courses révisée. beaucoup de petites pépites.

De ce matériau pauvre et éphémère, Clémentine Mélois a traduit un livre. Il y colle soigneusement les fruits de sa récolte, donnant des sacs de bière et des poulets, des frites, des couches, de l’estragon et du pain comme de la colle “c” (sic) et fait irruption dans leur belle époque.

Monologue

Mais il n’est pas satisfait de cette liste de listes – 99 exemplaires. Il y a ajouté son œuf salé, sa passion. Pour chaque liste, il crée un cahier et y ouvre son petit monologue. Ainsi, la liste des « eau de Javel, sacs poubelles, nouilles chinoises, Arlequins, bonbon croy bleu », est liée à un Olivier, avec le pire genre puisqu’il se termine ainsi : « Ce que je sais manger, aucun animal ne peut le supporter. » Ou pour l’affiche bleue de “15h15 récréation ou 15h ? Je vais le faire avec toi, je n’en peux plus ! Champignons, crabe, œufs, pois”, voici Alison qui nous raconte ses rêves secrets : “Je suis fatiguée. Idéalement, Ryan Gosling viendrait sur son cheval blanc, m’emmènerait dans un hôtel cinq étoiles, me frotterait avec de l’ambroisie et nous boirions le nectar. ” Une combinaison de mots qui finit par ouvrir un niveau mélancolique que l’auteur appelle “roman”.

L’imagination de Clémentine Mélois n’avait pas de limites. Il faut dire qu’en tant que membre de l’OuLiPo, il est un habitué des jeux de cartes. On entend la culture française lors de “Papous dans la tête” dans un bon moment. Il est intéressant de lire dans l’ordre ou le problème, de s’amuser et de jouer avec la vie de tous les jours.


Clémentine Mélois, « Ou j’oublie », Grasset, 229 p.

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