Superprofits : les atouts du problème ne sont pas ce que l’on pense

Publié le 9 septembre 2022



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Ces derniers mois, l’argument des superprofits a été largement utilisé par un nupésien de premier plan qui a quitté le souci de poursuivre son discours anticapitaliste.

Le problème est présenté de manière idéologique et caricaturale alors que les grandes compagnies pétrolières et gazières profitent sans vergogne de la guerre russo-ukrainienne contre les blessés et sans vergogne en donnant une partie de leurs superprofits à divers actionnaires. Cependant, la réalité est tout autre.

C’est un problème d’énergie plutôt qu’un conflit

La crise énergétique a commencé à l’été 2021 et avant le déclenchement du conflit. Il s’agit d’une crise d’approvisionnement (réduction de l’offre due au manque d’investissement dans de nouveaux projets pétroliers et gaziers) qui a commencé en 2015 et qui se fait sentir sur les marchés depuis 2017/2018.

Au second semestre 2021, le prix du MWh gaz a plus que quadruplé, passant de 30 euros en juin à 140 euros en décembre. Dans le même temps, le baril de pétrole a augmenté de 50 %. Il est donc faux et inapproprié de lier la hausse des prix et la disponibilité du pétrole et du gaz naturel (ce que personne ne nie) au seul conflit russo-ukrainien. Attaché uniquement à titre de démonstration, ce dernier n’a fait qu’insister sur la réduction d’une offre qui s’amenuise.

De plus, 95% de ces surprofits sont extra-territoriaux car ils résultent de la prise de contrôle d’un pays d’origine. S’il y a un profit important, ce sont les citoyens de ces pays producteurs et non les Européens qui réclameront la part du vent. Cependant, ils sont lourdement imposés dans leur pays d’origine et, à moins que la législation européenne ne soit modifiée, ils ne peuvent pas être soumis à une double imposition.

Qui est le plus précieux

D’un autre côté, les superprofits réalisés par les producteurs d’énergies renouvelables dans la région européenne sont aussi négatifs que critiques. Mais ce sont aujourd’hui les producteurs et non les grandes compagnies pétrolières qui profitent du système électrique européen pour s’enrichir stratosphériquement.

Auparavant réservé aux monopoles nationaux assurant 100 % de la production et de la distribution, le marché européen de l’électricité a été ouvert à la concurrence en 1996. Initialement réservé aux industriels, il s’est élargi à tous en 2007. Ce marché concurrentiel est aussi, dans l’Union européenne, un marché public. ou des entreprises indépendantes peuvent librement acheter des MWh et chaque entreprise ou individu peut choisir librement son fournisseur. Ce marché est gratuit de facto conduisent à la règle inévitable : la bon ordre ou la règle du principe marginal. Toutes les demi-heures, les sources d’électricité (charbon, pétrole, gaz, hydraulique, nucléaire…) sont appelées à augmenter leur coût marginal et le coût de production est comparé : MWh en fonction de la dernière unité de production demandée (c’est-à-dire la Très cher). Sans pour autant bon ordrece dernier objectif ne sera jamais atteint.

Dans le système actuel construit autour d’acteurs multiples et compétitifs, le producteur de dernier recours (le gaz aujourd’hui) est le meilleur. D’autre part, d’autres soi-disant générateurs d’énergie éolienne et solaire collectent d’énormes profits sur le dos du consommateur. Contrairement aux idées reçues, les plus vulnérables à la crise actuelle sont aujourd’hui les producteurs d’énergies renouvelables.

Les nouveaux appareils électroniques peuvent parfois vous surprendre. Il y a donc 920 000 panneaux solaires et 534 éoliennes en Europe. En France, il possède quatre parcs éoliens. Ikéa a investi 185 GWh d’électricité en France à un prix moyen de 70 euros/MWh. Sur la base des prix de gros actuels, Ikea empochera environ 400 euros par MWh, soit une manne annuelle de 74 millions d’euros. S’il existe aujourd’hui une loi obligeant les producteurs qui ont bénéficié d’aides à restituer de l’argent à l’Etat lorsque le prix du marché est supérieur au prix garanti, cette rétrocession n’est pas suffisante aujourd’hui par rapport aux surprofits qui ont été encaissés.

Face à cette situation devenue impossible pour les citoyens européens, les Vingt-Sept veulent mettre en place un mécanisme de contribution spécifique qui oblige les opérateurs énergétiques à avoir des coûts de fonctionnement inférieurs à ceux du marché pour récupérer une partie de leur capital. Il ne s’agit donc pas d’un impôt sur les revenus de certaines organisations emblématiques comme le réclame l’extrême gauche française qui cherche à faire avancer son agenda anticapitaliste. Alors pourquoi s’arrêter là ?

“Les entreprises qui vendent des hélicoptères et des armes font d’énormes profits” rapporte la fiscaliste Sophie Blégent-Delapille qui souligne « manque de diversité” de l’extrême gauche.

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