Venise 2022 : Bones and all, love no food

Pour ses retrouvailles avec Timothée Chalamet, Luca Guadagnino signe un slow road movie plein de clichés.

“Os et tout“. Comme l’explique une personne lors du nouveau film de Luca Guadagnino, certains cannibales décident parfois non seulement de manger la chair de leurs victimes, mais de repartir et de manger le reste – “os et tout“. Le titre de cette histoire d’amour anthropophage, adapté d’un livre de Camille DeAngelis, permet donc non seulement de promouvoir la couleur (rouge sang), mais aussi de mettre le film sous le signe bien sûr, vraiment. … Une promesse d’amour, pour un premier film, un road movie d’apprentissage où vous grandissez sur des kilomètres, apprenez à choisir ce que vous laissez manger ou non.

Dans les années 80, au plus profond de l’Amérique, Maren (Taylor Russell, la présentation de vague), rencontre Lee (Timothée Chalamet, inutile de vous le présenter). Ils vivent tous les deux par le besoin de manger leurs semblables, frappés par une malédiction infantile qui les condamne à vivre sans famille, dans la rue. Ils sont jeunes, beaux, ils mangent les gens. Ils sont les descendants des enfants perdus et La nuit du chasseurle deuxième meurtre de Mauvaise terreet plus enfant vagabonds de musique américaine d’Andrea Arnold, un film dans lequel Guadagnino puise son esthétique néo-gothique white-trash : une ambiance de routes sales, de motels miteux, de lumière rasante en fin de journée et de coup de foudre dans le magasin.

Os et tout donc c’est d’age mature vampirique, combiné à un “road film” qui rend hommage à l’immensité du paysage américain, l’histoire enregistrée par les noms des états visités par les films, montrés à l’écran dans le genre de grand. Il y a tous les signes, au bon endroit, les codes de ces types sont marqués, très aimés, facilement accessibles pour nous. Une alchimie folle entre les acteurs et la caméra, une bonne chanson placée au bon moment, et hop, on tombe. Mais ça ne se passe pas ici. Mais nous avons été battus en avant Os et tout dans la fragilité de l’ensemble, le manque de vivacité, d’envie, d’élan, de désir. Les pensées aussi. Les kilomètres passaient, et Guadagnino se plaisait à collectionner de beaux clichés thématiques : le début de l’étudiant cannibale par les “mangeurs” plus familiers, la rencontre avec le rouge menaçant de PublierChansons pop eighties utilisées dans les campagnes du Kentucky ou du Nebraska… Nul doute que le cinéaste entend apporter ici sa veine. Appelez-moi par votre nom (l’ultime amour, les années 80, Timothée Chalamet) et sa veine Suspiria (horreur sexy chic), mais raté sur tous les plans, c’est un livre d’apprenti qui tord l’estomac autant qu’un délice d’horreur.

C’est surprenant pour un cinéaste dont le propre travail est “cannibale”, Guadagnino vénère de capter le travail d’autres artistes (Deray, Argento, Ivory) pour les mettre entre ses mains. Mais le film n’est là que pour sa cinématographie, avec ses brillants acteurs qui font des choses brillantes. Comme cette scène, au début du film, où Timothée Chalamet tourne en rond sur un vieil album de Kiss. Même si c’est la réunion de Chalamet et Guadagnino, ça vaut une danse Os et toutjouant la chanson “Love My Way” sur Appelez-moi par votre nom, qui a secoué le monde entier. Mais ce n’est là que parce que c’est ce qu’on attend du film à ce stade. Créer un cool artificiel, préfabriqué sans vérification, sans désir et sans envie.

Os et toutde Luca Guadagnino, avec Taylor Russell, Timothée Chalamet, Mark Rylance… Prochainement.

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